mercredi 15 août 2018

Quand nous décidons finalement d'inscrire mimi Koala à l'école maternelle..

Il faut que j'en parle

Je vous avais raconté, il y a quelques semaines, l'IEF et en particulier les apprentissages autonomes dont miss Koala avait profité pendant plus de deux ans, toute cette façon d'apprendre au fil de la vie, du quotidien, des manipulations….
Et puis ma lecture il y a un an du livre de Céline Alvarez, et la façon complètement logique, que j'avais apprise puis totalement oubliée, d'écouter les sons pour apprendre à lire..
Je vous ai donc raconté comment miss Koala a appris à lire, toute seule, avec les sons, et les digrammes qu'elle a appris/apprend toujours plus.






Il s'est passé quelque chose peu après….quelque chose que je ne vous ai pas dit


D'abord, parce que c'était trop en contradiction
Ensuite, parce que c'est arrivé brutalement
Enfin, parce qu'il fallait qu'on s'occupe de tout organiser
Enfin (encore) parce qu'il fallait que je digère, que j'accepte, que je m'y fasse...et en plein mois d'août, je suis toujours dans ce processus

Mimi koala, on ne l'avait pas inscrite en PS de maternelle à l'école publique car nous avions prévu de l'inscrire au jardin d'enfants de l'école Steiner. Mais de grosses tuiles nous sont tombées dessus pile au moment où l'on prévoyait de l'inscrire et de s'engager, et on a dû...différer;
La situation (financière pour ne pas la nommer) ne s'est pas arrangée et le report s'est prolongé.
Finalement, cela ne nous dérangeait qu'à moitié, car avoir notre petite puce à la maison était un régal de tous les jours.
Se réveiller tous les matins près d'elle (ou plutôt elle près de nous : elle venait nous rejoindre dans le lit après que sa sœur et son frère soient partis à l'école/collège), la voir apprendre toute seule plein de choses.
Faire des activités, des promenades, des jeux, discuter, beaucoup, discuter tout le temps, en fait. Observer : la nature, la cuisine, les appareils électro-ménagers, papa bricoler, 
S'occuper des poules, des poissons, des cailles, du compost, du jardin. Etre enthousiaste et volontaire pour TOUT.
Tout un tas de choses encore, tout un univers, une façon d'être qui pendant 3 ans, nous a émerveillés.

Il y a pourtant un moment où le charme s'est rompu pour mimi Koala, car presque à la fin de l'année scolaire, elle nous a demandé avec beaucoup de fermeté

de l'inscrire à l'école maternelle

On a commencé à discuter avec elle, je me souviens que j'étais occupée dans la chambre (et un peu coincée aussi, il faut l'avouer), et papa Clyde dans le salon. Elle a alors commencé à faire la navette entre nous deux pour nous expliquer qu'elle voulait aller à l'école. Elle s'est vite mise à pleurer, car son papa "n'était pas chaud".
Il faut dire que cela nous tombait vraiment dessus, pour nous la vie suivait son cours, et nous pensions l'inscrire à l'école pour le CP, si tout allait bien.
Mais c'est vrai que - sans rentrer dans les détails - nous avons eu une année très difficile, en particulier le printemps, où je n'ai plus été disponible du tout pour ma petite princesse. Elle m'a vue absente, elle m'a vue affaiblie, elle a vu un papa se transformer en homme au foyer superman à 4 mains et aidant/soignant de sa femme malade, elle a dû quitter en précipitation la maison pour aller dormir chez des personnes et copines qu'elle connaissait mais chez qui elle n'avait jamais été seule parce que j'étais hospitalisée en catastrophe….

Elle a dû, du jour au lendemain, arrêter les activités avec les autres enfants et parents et amis car nous n'étions plus en mesure de l'amener
Elle a commencé, avec les beaux jours, à voir les copines dehors à l'aire de jeux, copines qu'elle ne voit jamais autrement car elles vont à l'école et pas elle

Et puis peut-être qu'elle a grandi, tout simplement, et a senti qu'elle était prête à sauter dans le grand bain, à vivre des choses sans maman ou papa à côté, à se séparer pour quelques heures.
Peut-être aussi que le désir d'apprendre, son appétit insatiable et si facilement comblé à la maison a été plus fort que la peur, que l'inconnu.

Peut-être que jouer si souvent à l'école avec son frère sa sœur et son papa avec de vrais cahiers, des exercices, des matières, une maîtresse vraie peau de vache lui a donner envie de voir une maîtresse pour de vrai, d'être dans une classe pour de vrai, de voir ses copines ailleurs qu'aux fêtes du village.
Elle a pleuré et insisté pour aller en classe, pleuré car elle croyait qu'on refuserait.

Puis lorsqu'on lui a dit que bien sûr, on allait l'inscrire pour la rentrée si tel était son désir et si elle se sentait bien prête, elle a pleuré, très chaudement, car elle croyait qu'elle pouvait aller à l'école dès le lendemain matin et ne comprenait pas que c'était impossible et qu'elle allait devoir attendre...presque 3 mois (on était début juin).

On lui a alors expliqué toutes les démarches. Elle s'est mise à se réveiller chaque matin en regardant sa roue de la semaine pour nous dire les jours qui la séparaient du passage en mairie pour faire les papiers, elle y est allée la tête haute, fière comme un paon. Elle était avec son père seulement et m'a tout raconté en rentrant.

elle y était avant nous..
Puis quelques jours après on avait RdV à l'école pour finaliser l'inscription. On a eu un entretien plus qu'officiel dans le bureau de la directrice, qui allait être sa maîtresse, et que mimi Koala connaissait déjà même si "elle ne se souvenait plus trop bien d'elle" (maîtresse de sa grande sœur avant sa naissance, que l'on voyait à chaque évènement dans l'école).
IEF école maison maternelle GS apprendre
On a eu une chance folle, on était dans l'école juste au moment de la récréation. Cela nous a laissé tout le loisir (la chance ! ) de visiter les lieux, la classe (grand moment), les bureaux.

 Maîtresse lui a expliqué un tas de choses et l'ATSEM aussi, tout tendrement : comment les tables seraient disposées (tout allait changer), que tous les dessins au mur allaient disparaitre mais allaient être re-remplis au fur et à mesure de l'année, la présence du TBI (mimi koala n'a pas retenu).


Maîtresse lui a montré la cantine et expliqué la collation du matin et les responsabilités des enfants (comptage des verres, préparer la collation - j'ai trouvé ça extra, niveau autonomie et niveau mathématiques). Elle a découvert, émerveillée, le lavabo collectif
 tout rond !

IEF école maison maternelle GS apprendre JE lui ai montré le couloir, les porte-manteaux, chaque crochet personnalisé par et pour un enfant, je lui ai dit qu'elle aurait le sien, elle a vu les casiers, elle a imaginé les bonnets, le blouson, le petit sac à dos….Elle avait le sourire où l'on voit toutes ses dents. J'avais le cœur tout chaud, souvenirs de la GS de ma cadette au même endroit, les jolies décorations d'abeilles au mur…
Je lui ai dit que le matin je l'emmènerai, les premiers temps, afin qu'on s'habitue, elle et moi.

Tout le monde l'a saluée et lui a dit que bientôt elle serait là, elle aussi. Elle a regardé les enfants à la récré. Moi aussi. Je songeais.

J'étais heureuse pour elle, je la voyais si contente. A l'intérieur, dans mon cœur, c'était plus chaotique

Depuis ce jour, son enthousiasme ne s'est pas démenti, elle a très TRES envie d'aller à l'école, elle n'a pas compté les jours jusqu'à aujourd'hui, où ce soir elle m'a dit à table qu'il ne restait que 20 jours avant de rentrer en classe.

Car aujourd'hui nous avons acheté les fournitures scolaires et elle et moi, nous avons rempli son petit sac avec les affaires demandées par la maîtresse.
La petite gomme blanche, et surtout l'ardoise effaçable ont conquis son cœur et son rêve est d'écrire dessus et encore écrire…
Elle a rempli consciencieusement son sac à dos avec les crayons à papier, les feutres, la gomme, mais s'est trouvée un peu dépitée devant la taille des deux boîtes de mouchoirs. Hi hi (ne parlons pas des trois rouleaux d'essuie-tout).

Alors voilà, ma petite puce, ma poupée, ma mimi Koala va entrer à l'école maternelle à la rentrée, en Grande Section, après 2 ans d'"instruction en famille", d"école à la maison", de liberté, d'autonomie, de spontanéité, d'irrégularité totale et assumée…


Je vous avoue clairement ne pas être aussi joyeuse et certainement pas aussi impatiente qu'elle.
Parce que ce n'était pas prévu dans le plan, et que j'ai bien du mal à accepter ce changement de plan.

Je suis sincèrement contente d'avoir accédé à sa demande car je pense que c'est le plus important, et que la garder à la maison contre son gré aurait été délétère et que mon rôle est de l'accompagner dans ses découvertes.
Je ne pense pas du tout que l'école soit un passage obligatoire et j'aurais aimé que l'on puisse continuer tel que l'on faisait, apprendre sans en avoir l'air, apprendre par la vie, apprendre sans cahiers, sans feuilles, apprendre en touchant, en regardant, en manipulant. Les périodes sensibles des enfants sont un concept qui me fascine et m'attire.

Mais c'est une bonne chose qu'elle rentre en GS car je ne pourrais de toute façon plus m'occuper d'elle comme je l'avais fait durant 2 ans. Ma santé ne me donne plus la même disponibilité, je manque d'énergie (quand ce n'est pas que je suis carrément HS), papa Clyde ne sera pas toujours là non plus pour me remplacer et pour l'occuper.
Beaucoup de choses vont (hélas) changer en septembre et elle sera bien, en GS.
En plus, elle va avoir une maîtresse et une ATSEM en qui j'ai une totale confiance, que j'apprécie beaucoup et connais depuis des années, deux professionnelles à l'écoute des enfants et sachant déceler ce qui leur convient et dont ils ont besoin. Je suis vraiment confiante et rassurée quant à l'équipe pédagogique...Là, je suis enthousiaste, vraiment très très contente, comblée !

Mais voilà, on ne refait pas son cœur de maman, on ne change pas comme ça de paradigme, je pensais que l'été me suffirait pour accepter les choses et ce n'est pas le cas...pas complètement en tout cas. L'été a eu son lot de moments difficiles inattendus et n'a pas été aussi calme et paisible que je le pensais.
Ce n'est pas une histoire de séparation. Enfin, si, mais pas au sens où tout le monde se l'imagine.
J'ai du mal à imaginer que ma petite fille va être absente car j'ADORE être avec elle. J'adore sa compagnie, elle ne m'ennuie pas, elle m'amuse, elle m'émerveille, me fait sourire, me rend fière, avec elle personne ne peut s'ennuyer, et oui, je l'avoue, elle va me manquer ! 
Elle va me manquer… On a (presque) toujours été ensemble et cela va être dur d'être sans elle. On se fait tout le temps des câlins et sincèrement je ne suis pas certaine, vu son côté tactile très prononcé, qu'elle parvienne si facilement à rester des heures sans pouvoir me toucher et m'enlacer.
Elle va me manquer car j'aime sa présence, comme celle de mes deux autres enfants. Je suis une maman poule et j'assume ce plaisir de rester avec eux. Il y a (beaucoup) de(s) parents qui cherchent toutes les occasions de caser leurs enfants ailleurs, nous c'est le contraire.

C'est plutôt une histoire de… de concept. On était en instruction libre, c'était la maternelle et on faisait comme on voulait. Quand on est dedans, l'IEF ouvre des tas de portes, d'univers, nous fait rencontrer des gens, d'autres parents, des lieux, d'autres enfants non scolarisés….On avait adopté un autre mode de vie, tout simplement. on avait développé une certaine marginalité. Et c'était sur les rails. Et l'on doit quitter tout ça.

Bien sûr j'ai fait la liste des pour et des contres, des avantages et des inconvénients et il va y avoir plus d'un avantage à ce que notre fille soit scolarisée -et donc absente la journée- tous les jours de la semaine (sauf le mercredi, hi hi, changement de rythme scolaire, youpi !). Je n'en ferai pas la liste ici, vous en imaginez certains, d'autres sont sans doute plus personnels ou en pleine réflexion, ou encore dans le flou..nos prochains mois sont assez inconnus et vagues pour le papa comme pour moi.

C'est arrivé brutalement mais j'espère que tout se passera bien. Tant qu'elle sera contente d'y aller, tant qu'elle aura le sourire, alors oui, tout ira bien et nous serons contents nous aussi.

Un chapitre de sa vie (et de la nôtre) s'achève, un autre va débuter...c'est la vie !









mardi 14 août 2018

La vie est courte...

La vie est courte…. et on ne le sait pas vraiment. On n'en a pas vraiment conscience.
On "sait" tous, de façon intellectualisée, pensée, que tout peut basculer en une fraction de secondes, en quelques semaines ou mois.
Mais rares sont ceux d'entre nous qui vivent vraiment chaque jour "comme si c'était le dernier", il faut l'avouer.

Ce matin, mon mari et les enfants étaient partis chercher quelque chose, dans un village pas très loin. Je ne les avais pas accompagnés car je n'étais pas du tout en forme. 
J'en ai profité pour..ne pas faire grand chose, me reposer, réchauffer mon corps endolori et me préparer à les accueillir, à midi


Ils sont rentrés à13h, tout contents, sauf mimi Koala qui s'est jetée dans mes bras les yeux écarquillés en me confiant :

"maman, on a failli avoir un accident !!"


Je lisais l'inquiétude dans ses yeux bien plus que le soulagement

A-t-elle lu dans les miens toutes les pensées qui m'ont traversée, tout ce qui, rétroactivement, se bousculait dans ma tête, tout ce qui aurait pu être fracassé, en quelques instants ?

Ils étaient sur une petite route de campagne, une route qui relie deux village, moitié bois, moitié champs, une route bombée, avec quelques nids de poule
Ils roulaient tranquillement, à vitesse normale m'ont assuré les enfants, un gros camion arrivait en face. 
Pas facile, déjà, vu l'étroitesse de la route, et aucun accotement.
Soudain, ils ont vu, ils l'ont tous vue, une voiture surgir de derrière le camion, plus précisément une fourgonnette, d'un livreur Chronopost pour ne pas le citer. Un livreur qui sans visibilité particulière, s'est dit qu'il pouvait doubler, qu'il fALLAIT doubler ce camion, qu'il n'avait pas le temps d'attendre, surtout pas la prochaine ligne droite ou la prochaine livraison, tout simplement.
Ils se sont retrouvés face à face, mon mari et lui
Mon mari a klaxonné, fait des appels de phare, et bien sûr...pilé
Ma grande Fille a hurlé
Le  livreur a semble-t-il été surpris -ah ouai ?- et a pilé lui aussi, juste à temps pour pouvoir se rabattre 
(encore heureux qu'iln'ait pas été assez CON pour achever sa manœuvre et doubler complètement !)
Le chauffeur du poids lourd a semble-t-il eu bien peur aussi…

Ma tribu est rentrée à 13h et ils étaient contents de leur sortie mais choqués par leur trajet retour

et moi...moi restée là, je me suis dit que tout aurait pu basculer en une fraction de secondes
Je me suis demandée comment je l'aurais su
et quand
et si tous auraient été morts, si j'aurais eu des enfants encore vivants
si une jolie famille aurait succombé à un terrible accident tandis que le chauffeur s'en sortait, comme c'est le cas souvent (protégé par sa fourgonnette, notamment)
oui c'est triste et morbide mais forcément, j'ai pensé à ça

à un connard qui a estimé que son colis était plus important que la vie de n'importe qui et même la sienne

j'ai dit aux enfants combien la vie était précieuse et comment un accident pouvait arriver sans que l'on en ait la moindre idée le matin en se levant
et même dans la voiture, quelques minutes avant


je n'ai pas ressenti trop de colère, surtout une grande réflexion
sur la nécessité de profiter de chaque jour, chaque instant
Je le fais déjà beaucoup, mais m'en voilà encore plus persuadée

Et cet apm ma tribu est repartie vers d'autres lieux, et il est 19h et ils ne sont pas encore rentrés
J'entends les cloches sonner 
Mon portable ne fonctionne pas et je n'ai pas reçu de sms
Les magasins ferment

mais pourquoi ne sont-ils pas encore là ?
est-ce que quelque chose de terrible a pu arriver ?

Je pense à ces femmes de militaires,de policiers j'en connais plusieurs et je me suis toujours demandée comment elles pouvaient dormir et même seulement vivre lorsque leur mari est sur le terrain

Je pense aux séries parfois B où l'on toque à la porte etoù deux officiers annoncent le pire à une maman qui s'écroule devant la porte

Je pense à mon mari qui n'a peut-être simplement plus de batterie
Ou qui est trop content et accaparé par nos enfants pour m'envoyer un petit sms pour me rassurer

Il ne faut pas que j'aie peur, non
Il faut juste que je continue de saisir chaque bonheur, chaque main qui se tend vers moi, chaque enfant qui m'étreint pour un câlin

Mais je ne peux m'empêcher de ressentir la pression sur la poitrine, qui est arrivée sournoisement mais assez logiquement

je ne peux pas m'empêcher d'être anxieuse et inquiète
mais je dois tâcher de ne pas gamberger et encore moins imaginer le pire

je vais me lever et enfiler une veste car il fait frais maintenant
Je vais allumer la télé et préparer le dîner
Je vais faire comme si de rien n'était

Ils vont bien. Sans doute


Profitez de tout. La vie est trop courte





vendredi 27 juillet 2018

Tu as 3 ans et demi ou 5 ans, et je t'allaite "toujours"....

allaitement enfant breasfeeding allaiter bambin maternage écharpe portage Ling Ling d'amour

La place de l'allaitement en France


Ne pourrait-on pas, une fois, changer de regard sur ce que représente le sein dans notre société, un objet érotique pour les uns, un symbole féministe pour les autres, une partie intime à ne pas "donner" à son bébé ?
Ne pourrait-on pas se renseigner un tant soi peu , observer les bambins, les enfants, les mamans sous d'autres contrées ? Sans regard condescendant, mais avec bienveillance et les yeux bien ouverts aussi, pour voir que des enfants qui marchent, courent, parlent, grimpent aux murs ou sur les rochers, aux abres viennent téter ce sein tant aimé lorsque l'envie s'en fait sentir...voir que tout le monde autour trouve cela normal.
Anthropologiquement parlant, l'âge naturel du sevrage se situe entre 2.5 et 7 ans.





Aurais-je pu ne pas cesser de te laisser venir au sein, soulevant mon pull doucement et me regardant de tes petits yeux malicieux (ou suppliants) dans un lieu public alors que tu n'avais même pas 3 ans ?

Pourrais-je avoir la chance de ne pas avoir à t'expliquer que ce que l'on fait est beau, normal et agréable, qu'il n'est pas interdit d'allaiter un enfant de 5 ans mais que dehors, dans les magasins ou dans les parcs, les gens ne comprendraient pas ?
Ne pourrais-je pas vivre dans une société où je n'aurais pas à te dire que dehors, ton allaitement, 'c'est notre secret" ? Que ce que l'on partage toi et moi est merveilleux, et que c'est encore plus beau sans remarques des gens ?

Comme j'aimerais me réveiller en Mongolie, dans les terres de Gengis Khan, rejoindre la famille mongole ou namibienne du film "Bébé", ou celle de Rdv en Terre Inconnue et montrer que moi aussi, européenne, blanche aux yeux bleux, j'allaite mon enfant de + d'un mètre ! Que cela ne l'a pas empêchée d'être malade ni allergique, mais que je lui ai transmis le meilleur, que je suis fière et si heureuse de ce parcours, allant à contre-courant de toute la société, des penseurs, des psychologues, (mention spéciale à Agnès Vigouroux qui a pris position pour l'allaitement long dans son livre au titre évocateur " l'allaitement long expliqué à mon psy...") des médecins et autres mères et pères ?

Comme j'ai rêvé souvent, que notre allaitement soit "la norme", qu'il soit non seulement accueilli avec bienveillance mais également logique, valorisé !
Alors pour compenser, dans cette société qui est la mienne, je suis totalement ouverte et tolérante, mais "lactiviste", je fais connaître à ma façon l'allaitement, j'en parle, je montre, j'ai écrit plein d'articles sur ma vie de maman allaitante. J'en parle pour de vrai à toutes les mamans qui me posent des questions, qui me font part de leurs difficultés, leurs joies. J'en parle virtuellement sur ma page facebook, par échanges privés aux mamans qui là encore m'interrogent et veulent échanger avec moi.
J'ai participé à de nombreuses réunions d'information et d'échanges sur l'allaitement.
Maintenant, j'organise moi aussi de telles réunions. L'allaitement fait partie intégrante de ma vie.

Le sevrage naturel


Les gens d'ici ne connaissent pas le sevrage naturel, ce que cela implique, comment cela se déroule.  Le sevrage naturel, c'est allaiter un enfant qui n'est plus un bébé ni même un bambin. C'est se mettre d'accord pour un allaitement "à l'amiable" (ça, c'est souvent dès l'âge d'un an environ). C'est un enfant qui pourra téter tous les jours seulement quelques secondes. Ou bien ne pas téter durant plusieurs jours, voire une semaine, voire + ! (exemple de l'enfant qui part en vacances, des enfants en garde alternée etc) et y revenir, d'un coup. Pas forcément de façon goulue. Choisir la voie du sevrage naturel, c'est d'abord accepter que c'est l'enfant qui décidera quand il voudra arrêter. C'est ensuite se dire que plus il grandira, moins on saura à quelle fréquence il voudra téter. Et ce n'est pas grave, en tant que tel. Puisqu'on n'est pas obligée, en tant que mère, d'accepter à chaque fois, ni en tout endroit. On peut poser ses règles, les expliquer à son enfant. Et ce n'est pas grave non plus puisque ce que vous souhaitez, en tant que maman, c'est que votre enfant se détache du sein, lorsqu'il sera prêt. Votre enfant vit sa vie d'enfant, joue, parle, court, va à l'école (ou pas), apprend des tas de choses, explore son monde, est curieux. C'est juste que lorsqu'il doit boire du lait, et/ou a soif, il boit à la source. Le lait maternel, fait pour lui. C'est aussi simple que ça.

Ce qui est "long" est finalement très court

L'allaitement au-delà de 6 mois est déjà minoritaire dans notre société. A 9 mois, 1 an, on peut commencer à entendre de fortes remarques, voire de la désapprobation. Je ne vous dis même pas ce que l'on peut entendre à 2 ans, et au-delà....Et bien au-delà, la plupart des gens n'imaginent même pas que vous puissiez encore allaiter votre enfant, en fait ! D'un côté, c'est très arrangeant. De l'autre, ce n'est pas en se cachant que l'on fera évoluer les mentalités et que l'on normalisera l'allaitement non-raccourci.
Si je cache tes yeux aujourd'hui, ma douce sur les photos, c'est parce que sur 1000 personnes émerveillées, il y en aura au moins une qui sera "choquée" et il est hors de question que tu en fasses les frais. Mon désir de normaliser l'allaitement ne doit pas se faire à tes dépends. C'est triste mais c'est comme ça. C'est aussi pour cela que je n'ai plus écrit de récit depuis….longtemps.

Heureusement, de tout cela, ce qui compte c'est toi et moi. Et Papa bien sûr, qui est d'accord, mais est-ce utile de le dire...? Oui peut-être..justement, dans notre société où le sein est d'abord vu comme "appartenant au mari " (fonction érotique) avant d'être au bébé (fonction nourricière)..quand il ne doit pas être qu'à soi-même.

T'allaiter : toute une communication, un dialogue entre nous

Il y a toi et tes grandes jambes, sur lesquelles tu es solidement perchée lorsque tu "m'attrapes" dans le couloir, le matin quand je me lève après toi par exemple.  Tes jambes sur lesquelles tu te hisses pour téter sans que je n'aie trop à me baisser lorsque l'on prend notre douche ensemble et que tu es littéralement en train de saliver. (D'ailleurs j'ai quelques photos qui pourraient rivaliser sans rougir avec celle du Time qui avait fait scandale il y a quelques années. Je me demande si je les publierai un jour. D'un côté j'ai très envie, de l'autre…)
Tes jambes, avec lesquelles tu as fait tant de "tétées-gym" et postures acrobatiques  lorsque tu étais bambine.

Il y a toi et tes grands yeux, qui plongent dans les miens (ou bien est-ce l'inverse) lorsque tu bois, heureuse, calme. Toi, tu ne dis rien parce que tu as mon sein dans ta bouche. Mais moi je ne dis rien non plus. Car nos regards suffisent. Tes yeux plantés dans les miens, nos regards profonds. Tes yeux qui disent tant, les miens aussi. L'amour, immense. Le plaisir. La gratitude. La complicité. La sensation de vivre quelque chose de privilégié, réservé à très peu d'enfants (et de mamans). La gratitude d'avoir cette chance-là. 
Tes grands yeux qui se sont rarement fermés depuis la naissance lors des tétées, car tu ne t'endormais presque jamais.
Tes grands yeux qui montrent aussi quelque chose d'évident : ta détermination. 
Tu aimes trop ces moments-là, tu aimes trop le sein pour arrêter, là comme ça, "parce qu'il faudrait". Parce que les autres bambins l'ont fait depuis longtemps, depuis bébé même généralement. Tu ne comprends même pas cette notion au conditionnel. 


il y a toi et tes grands mains, qui se glissent doucement sous mon pull. L'une ou les deux, allant jusqu'à l'objet rond, doux et convoité. Tes mains qui ont bien sûr appris à demander, à attendre, à reconnaître un refus, à entendre un "pas maintenant ma chérie". Tes mains qui parfois se jettent sur mon t-shirt et le soulèvent en un éclair, dévoilant tout mon ventre et mon soutien-gorge. Jamais dehors bien sûr, ni quand je n'aime pas. Justement, tu es bien assez grande pour avoir compris depuis longtemps que je ne suis pas à ta disposition. allaitement enfant breasfeeding maternage bambin tétée
Toi et tes grandes mains qui encerclent le sein que tu bois, comme pour bien le tenir au cas où il s'échapperait. Pour appuyer et aider à faire sortir le lait, parfois.
Mais ce que je préfère par-dessus tout, c'est lorsque, t'endormant contre moi, tu poses ta tête sur mon sein et ta main sur l'autre. Ainsi tu es rassurée, tu redeviens bébé, tu sais que "tes bijoux" sont là, tu es heureuse, je te sens radieuse.


Enfin, il y a toi et ton coeur, qui se gorge et se remplit de ces moments-là, tous ces souvenirs que tu auras la chance de conserver puisque justement tu es grande et je t'allaite encore. "Je t'allaite toujours". 
J'ai suivi le mien, de coeur, pour vivre cette aventure-là, nous offrir ces moments, cette relation unique.. Nous sommes heureuses, toi et moi, joyeuses, savourant un cadeau de la vie.
J'ai toujours dit qu'"allaiter, c'était bien plus que nourrir" et ces 5 belles années, 1825 jours et encore plus que ça, ne font que me le confirmer.
un jour prochain je calculerai exactement ma durée d'allaitement. <3 on dépasse largement les 4000 jours...


L'allaitement, universel 

En 3 enfants, 3 allaitements longs, j'ai allaité à peu près partout. Des glauques toilettes lambda au restaurant portugais bondé d'hommes qui me regardaient estomaqués, des marches d'escalier à la plage de sable, du trottoir sous la canicule àu marché porté en filet Tonga, du champ dans la montagne à 1900 m d'altitude dans l'herbe au sol d'un bord de canal, moi allongée et toi sur moi,  du milieu de la rue à cause de la canicule encore à la réunion professionnelle où je n'avais pas d'autre choix que d'emmener ma fille, de la grotte au repas de famille, du mariage au Portugal (encore !) à la chambre d'hôtel à 3h du matin, d'un matelas posé au sol à la chambre d'amis pendant les vacances, de la station service ou l'aire de repos d'autoroute à la douche de la maison, où je n'ai pas le temps de me rhabiller, du garage paumé en Espagne au bitume où l'on attendait la réparation de la voiture, de ma chambre d'hôpital au RAM au milieu des ass mat, du bord de rivière assise sur l'herbe à l'hôpital où j'ai béni, béni de t'allaiter "encore", te permettant de te rétablir plus rapidement ET de te consoler, t'apporter un repère, apaiser tes douleurs et tes angoisses. Et dans tous les moyens de portage, écharpe sling mei-tai préformé podeagi tube.. 
Il y a sûrement d'autres endroits encore, c'est certain, là je n'y pense pas. Mais c'est merveilleux, et tellement pratique, tout simplement. Combien de fois n'ai-je eu que mon lait pour te désaltérer ??!

Je suis comblée d'être une maman qui allaite "longtemps". C'est ma façon d'être maman, je n'en connais pas d'autre.



mes aventures de mama'ternante sur facebook

lundi 23 juillet 2018

Test et avis sur le nouveau HoodieCarrier de Je Porte Mon Bébé (JPMBB)


porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb portage dossier souple bambin léger discret
 J'avais très envie d'avoir le Hoodiecarrier  afin de me rendre compte par moi-même si la description qui en était faite par le fabricant, Je porte mon bébé, était fidèle à la réalité.
Naturiou m'a alors permis de tester ce nouveau et déjà fameux préformé (cela me rappelle la sortie du Physiocarrier).

Je voulais voir ce que la marque appelait "épuré", et j'étais surtout très très intriguée par le mélange du "Physiocarrier, du sweat-shirt et de l'écharpe de portage." Certes, on voit très bien ces 3 éléments sur un visuel, mais j'étais curieuse de toucher et d'essayer.

porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb portage simple bambin dossier



Dimensions, mesures du porte-bébé Hoodiecarrier de JPMBB :

Le Hoodiecarrier est un porte-bébé préformé, cela veut dire qu'il est "pré-formé", donc constitué d'un dossier où l'on assied l'enfant et de bretelles qu'il n'y a plus qu'à enfiler (comme un sac à dos) et une ceinture à clipser. 
Il est prévu pour porter sur le ventre, sur le côté et sur le dos les bébés et enfants de la naissance* à 20 kg maxi, environ 3 ans.

* dès la naissance avec le pack extension comprenant coussin booster et appuie-tête, j'y reviens ensuite.
porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb portage épaules bretelles bébé tétière

Le Hoodiecarrier est un préformé de taille standard, il n'est pas réglable en tant que tel pour le bébé.
MAIS deux éléments viennent apporter des réglages et permettent d'adapter le Hoodiecarrier aux nouveau-nés :
  • le "pack extension", qui est en fait le pack qui permet de porter votre bébé dès la naissance. Il comprend un "booster" qui est un gros coussin, et un cale-nuque, qui est un boudin que l'on fixe derrière la nuque de bébé. Ainsi, votre bébé est sur-élevé dans le dossier, sinon il serait enfoui au fond du porte-bébé. Sa nuque quand à elle est bien soutenue, ce qui est encore plus nécessaire lorsque bébé ne tient pas sa tête.
  • les sangles latérales sur le dossier : j'en parle tout de suite, ce sont des sangles situées de part et d'autre du dossier (et donc du dos de bébé). En les tirant vers le bas, vous allez resserrer le dossier, et ainsi réduire la hauteur générale, tout en enveloppant davantage le dos de bébé. Je n'irai pas jusqu'à dire que le bébé est enveloppé comme dans une écharpe, mais on voit clairement une différence entre serrage et absence de serrage. Bref,  plus bébé est petit plus ces sangles sont indispensables.
BB 4 mois sans booster

En conclusion, le Hoodiecarrier est utilisable dès la naissance (bébé de 50 cm minimum sinon ce sera trop grand) en utilisant ces équipements et en serrant au maximum les bretelles. Il faut toujours s'assurer que le visage et les oreilles sont bien visibles et pas enfouis.
porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb portage nouveau-né booster naissance

Le Hoodiecarrier comporte, comme son frère le Physiocarrier, une assise "en forme", cela signifie que le dossier est incliné au niveau des fesses. Cela permet une assise profonde et c'est une conception très très agréable, qui permet à votre bébé d'avoir les fesses bien au fond du dossier, et du coup, de faciliter la bascule du bassin. 
porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb portage assise profonde physiologique

Le dossier est en coton à l'extérieur (façon sweat), en coton à l'intérieur (tissu fin) et entre les deux se trouve une maille filet aéré façon mesh. Le coton est certifié Oeko tex standard 100. JPMBB a bien montré la constitution du dossier dans une petite vidéo.


porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb portage coton oeko-tex 100 respirant
Le dossier comporte une capuche pour la tête de bébé. Dans cette capuche est intégrée une tétière (qui se pressionne), dont la texture a changé et est en maille filet toute douce. 
La tétière s'accroche aux bretelles avec un élastique, comme le Physiocarrier. Dommage qu'il n'y ait rien pour fixer la capuche également.
porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb portage tétière bretelles bébé tête


Les bretelles du Hoodiecarrier

Le Hoodiecarrier de Je Porte Mon Bébé comporte des bretelles à la fois ressemblantes au Physiocarrier, mais à la fois très différentes. Je m'explique.
Niveau longueur de rembourrage, c'est la même chose. Les bretelles sont quasiment aussi larges que celles du Physiocarrier. Elles sont également déclipsables. Par contre, elles sont bien moins épaisses, et la plus grande différence se situe au niveau des sangles : exit la double boucle de réglage, le Hoodiecarrier ne comporte qu'une sangle de réglage.
  • Ca change quoi ?
Et bien, quand vous installez votre Hoodiecarrier, il vous suffit de tirer sur cette grande sangle, et votre porte-bébé sera réglé à votre taille. C'est simple, rapide, très pratique.
Mais cela change aussi que vous n'aurez plus la possibilité de régler la profondeur d'assise et le rapprochement ou l'éloignement du bassin de bébé de vous.
Ceci étant, ce système de sangle unique est bien plus pratique, et plébiscité par les parents. Au premier abord, ça fait simple, et quand on enfile son Hoodiecarrier, on est content car on tire et c'est fini ! Pour ma part, je préfère largement. C'est semblable à d'autres préformés, dont le P4 de LLA qui me vient de suite en tête.
Comme je vous l'ai dit, les bretelles sont déclipsables, cela veut dire qu'on peut les croiser. Très très agréable pour la répartition du poids dans le dos et sur le buste ! Mais selon sa souplesse et l'état de ses épaules, on peut ne pas réussir à attraper les boucles dans son dos pour les clipser.
C'est pourquoi j'ai fait cette petite vidéo, qui vous aide à pré-croiser les bretelles de votre Hoodiecarrier pour ne plus avoir à clipser les bretelles dans votre dos. Cette méthode va beaucoup vous aider ! ;-)

Elle est tout à fait possible avec le portage d'un nouveau-né également (vidéo à venir), il suffit de toujours toujours tenir votre bébé après l'avoir placé correctement sur le coussin.
A noter que DONC, les bretelles sont bien croisées dans le dos une fois le serrage fini.

Ce qui change fondamentalement du Physiocarrier dans les bretelles, c'est la matière. Le Hoodiecarrier est tout en coton, il n'y a ni maille filet ni polyester, l'endroit et l'envers des bretelles sont en coton. Cela rend les bretelles bien plus agréables au contact de la peau, douces, et surtout..bien plus légères ! J'aime beaucoup, beaucoup.
porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb bretelles physiocarrier

Mais qu'on ne s'y trompe pas : qui dit bretelles allégées et moins fermes ne dit pas bretelles trop fines ! Les bretelles sont parfaites, à l'instar d'un tas d'autres préformés, le rembourrage est très suffisant, il permet de ne pas sentir le poids de bébé ou très peu. On a juste le grand avantage de pouvoir serrer, plier ses bretelles facilement, elles ne restent pas en arc de cercle et ça, c'est agréable (pour manipuler, pour ranger)

Il n'y a plus de rail sur le Hoodiecarrier, la sangle pectorale est bien présente mais sur une sangle cousue le long des bretelles. On est là dans le système classique des préformés, exemple le Manduca.
Cette sangle coulisse en hauteur sur 22 cm, et permet de relier les bretelles entre elles. Lorsque vous croisez les bretelles, bien sûr vous ne la clipsez plus. Elle se régle de 11 à 34 cm en largeur sur la poitrine (ou sur le dos quand vous portez devant sans croiser les bretelles).

Côté mesures, les bretelles sont rembourrées sur 50 cm, mesurent donc 7 cm de large, 2.5 cm d'épais (environ), et la sangle peut s'agrandir jusqu'à un total de 120 cm. C'est plus que le Physiocarrier , mais comme le PC a une petite sangle en plus en bas, la longueur totale réelle du Physiocarrier est plus longue (150 cm). Quoi qu'il en soit, 120 cm cela convient déjà à la majorité des porteurs.



La ceinture du Hoodiecarrier

La ceinture du préformé Hoodiecarrier est assez classique, et quasi identique à celle du Physiocarrier. On ne change pas une équipe qui gagne ! Elle est juste un peu plus incurvée. De fait, elle s'étale bien sur le ventre ou sur la zone lombaire (selon qu'on porte au ventre ou au dos) et se fait très agréable, répartissant le poids sur une zone large.
La ceinture du Hoodiecarrier est rembourrée sans être ferme, ce qui la rend très confortable. Elle est rembourrée sur 70 cm de long et mesure 11 cm au point le plus large. Une sangle permet de rallonger le tour de taille jusqu'à 150 cm. Un élastique de sécurité est prévu à côté de la boucle, comme sur les bretelles d'ailleurs.
porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb assise en forme et ceinture

Mon test et mon appréciation du Hoodiecarrier de JPMBB


Dès la sortie du sac j'ai commencé à comprendre, en voyant le Hoodiecarrier très plié, qu'il n'était pas "dur" ni épais, mais bien mou et flexible. Il n'était pas plié de force.
Très encourageant, ce Hoodiecarrier !

porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb portage livraison


porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb portage 4 mois bébé
BB4 mois sans booster
Je l'ai essayé avec des poupons de différentes tailles et l'ai porté en diverses occasions avec mes poupons naissance, 3 ou 4 mois, 1 an…. sur le ventre et sur le dos, et un bambin de + de 80 cm sur le dos.

porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb portage naissance nouveau-né booster cale-nuque
bb 50 cm avec booster
J'aime énormément…
  • sa rapidité d'installation, même avec le booster, le fait qu'il n'y ait qu'une sangle de serrage, ça va très vite
  • son tissu, rien à voir avec un sweat-shirt, la couleur et le toucher extérieur y font penser certes, mais l'intérieur est une couche de coton et pas l'intérieur d'un sweat-shirt. Son tissu donc qui est très souple, qui s'étire légèrement et donc s'adapte aux formes de bébé. Hyper fluide, tout "mou", j'aime vraiment. Inédit sur le marché.
  • son côté épuré, en conséquence. C'est vrai, le Hoodiecarrier est un porte-bébé discret, sans sangles ou tissu superflus, assez simple mais une simplicité efficace et pratique. 
  • sa légèreté : le Hoodiecarrier pèse à peine plus de 500 g.
J'ai tout de suite été séduite et je ne me lasse pas de cet ensemble de qualités et de ce porte-bébé "facile". 

JPMBB a décidé de créer le #parentsmaispasseulement. Mon avis sur ce slogan est qu'effectivement, ce Hoodiecarrier permet de porter dans la rue avec n'importe quel style de vêtement et sans être "repéré de loin" comme parent porteur. C'est vrai, le Hoodiecarrier (j'ignore si d'autres coloris sortiront par la suite) est super discret et sobre par rapport à la plupart des préformés qui cherchent d'ailleurs à rivaliser côté coloris et motifs pour être vus.
A titre personnel toutefois, je ne me retrouve pas dans ce hastag, étant donné que j'ai toujours et en tous lieux porté avec fierté mes enfants, souvent même de façon militante . Comprenez = "regardez comme le portage est pratique et comme on est en train de se faciliter la vie" (escaliers, plage de sable, randonnée..)). Mais je comprends bien que tout le monde n'est pas pareil et qu'avoir un porte-bébé passe-partout et ne pas être repéré au premier coup d'oeil ou "identifié comme parent" puisse être recherché par certains parents. Certains porte-bébés sont comme certaines poussettes, très encombrants et "voyants", et on peut ne pas aimer ça et chercher à passer incognito ou presque dans les rues ou en balade. 
Bref, c'est vrai aucun doute, on n'est pas en automne/hiver et je n'ai pas d'imperméable mais oui, le Hoodiecarrier est très discret !


Et c'est clair et net, le Hoodiecarrier est nettement moins encombrant que le Physiocarrier, plus flexible et léger .

Voici la traditionnelle photo récapitulative du Hoodiecarrier :

porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb portage dimensions caractéristiques
dimensions et caractéristiques du Hoodiecarrier
--> La photo ne montre pas le pack extension : coussin booster + cale-nuque.

Le tarif attractif du Hoodiecarrier 


Vous trouverez le Hoodiecarrier sur la boutique de Naturiou en deux coloris, gris flanelle (le plus foncé, le mien) et gris athlétique (le plus clair). Son tarif n'est que de 115 €. Je dis "que" car de nos jours tous les préformés, hormis le  P4 de LLA, ont un tarif supérieur à 120 € pour un modèle standard. Je Porte Mon Bébé se place donc dans les premiers prix tout en étant de grande qualité. C'est un porte-bébé qui fait "son job" et rend les temps de portage très confortables ! Bref, une réelle surprise, un pari réussi je trouve pour JPMBB.
porte-bébé préformé Hoodiecarrier Jpmbb portage dossier bambin



vendredi 13 juillet 2018

Etre un parent malade et invalide.....et les enfants dans tout ça ?

Ce soir c'est la fête.
La Fête au Village. La Fête du 14 juillet, ici on la célèbre un jour à l'avance.

Je suis assise sur mon lit, ma fenêtre grande ouverte. J'entends tout, au loin. Enfin, en fait, c'est tout près. Mais c'est tellement loin….

Tellement loin que je n'ai pas pu y aller. Que je ne peux pas être avec mes enfants et mon mari. Ceux que j'aime. Voir les copains, les mamans, leurs enfants, les amis de mes enfants…

Ce soir j'entends des pétards, de la musique et quelques feux d'artifice qui tirent par ci par là. J'entends tout ça et j'ai le cœur….gros.

"Trop coool, j'ai la maison pour moi" aurais-je pu penser. 
"Chouette, je vais prendre une bonne douche chaude, me prélasser, me bichonner, ensuite je prendrai mon livre en écoutant de la musique ou bien je regarderai un replay". 
Je pourrais peut-être pousser le vice jusqu'à -encore- travailler, je n'ai pas fini ma rédaction, pas avancé comme je voulais cette -dure - semaine.

Oui...mais non. Impossible de voir les choses comme ça. Je ne suis pas absente de la fête par choix.
J'ai beaucoup hésité, j'y ai pensé toute la journée, jusqu'à quasiment 22h je me suis demandée si jes accompagnais.
Et puis j'ai dû me résigner. Je crois que je le savais déjà mais je gardais l'espoir.
Mais il fallait bien que je me rende à l'évidence que je ne pouvais pas faire un pas devant l'autre sans avoir ...tellement mal dans la jambe.
Docteur House c'est moi, humour en moins. C'est moi, l'homme qui grimace à chaque pas, qui a une canne (et même deux, et même un déambulateur à la maison)
Ce soir je sors tout parce que j'ai mal, dans mon corps et dans mon cœur. Trop de mal accumulé, et cette fête, c'est la goutte d'eau qui fait déborder mon vase. J'ai le cœur gros.

J'entends la musique et je me demande si mes enfants dansent. J'imagine ma grande papotant et courant partout avec sa meilleure amie, sa siamoise, sa BFF.
Je pense à mon grand qui n'avait pas envie d'y aller en disant que ça allait être nul, mais qui râlait de devoir attendre 22h.
Je pense à leur papa qui les accompagne et qui est là bas plus pour eux que pour lui-même. Ce n'est pas un grand bavard, et je ne suis pas là…



Si j'y étais allée….D'abord je n'aurais même pas pu marcher jusqu'à la place, je crois qu'il aurait fallu que l'on y aille en voiture. Passe encore. Ridicule en temps normal (il y  a 300 m à faire !) mais indispensable dans mon état. C'est comme ça. C'est devenu ça.
Mais là bas, j'aurais eu mes béquilles. Passe encore, c'est ma réalité. Presque personne ne m'a vue dans le village comme ça, mais il faudra bien, puisque la situation dure et que je ne pourrai pas rester enfermée toute ma vie à la maison. Et c'est parce que la situation dure que ce soir j'en parle ici. Sorte de coming-out triste, comme tout handicap quand il arrive dans votre tronche sans prévenir…

Il y avait la retraite aux flambeaux. Une superbe petite tradition très joyeuse et amicale, où chaque enfant se voit remettre une lanterne, qu'on allume, puis tout le monde parcourt joyeusement les rues du village; Parcours plus ou moins long selon l'heure, la luminosité et surtout...la couleur du ciel !
Si j'y étais allée...J'aurais dû attendre sur un banc, regarder mes filles partir lanterne au bras avec leur papa, Miss Koala toute belle avec sa queue de cheval et ses cheveux démêlés, et sa frange coupée par elle-même il y a 3 mois et qui lui va si bien maintenant. Je les aurais regardées partir et j'aurais eu le cœur serré.

Et puis il y aurait eu la fête, en attendant le feu d'artifice. Est-ce que je serais restée seule dans mon coin, clouée sur mon banc, est-ce que j'aurais osé me lever, est-ce que certains seraient venus me voir, histoire de papoter et de savoir ce que je deviens ? et ce qu'il m'arrive pour avoir des béquilles et marcher comme ça.


Et puis il y aurait eu le feu d'artifice, que j'entends maintenant. Ce feu d'artifice que je n'aurais pas pu regarder debout. Je suis invalide, handicapée, et je ne peux notamment plus rester debout, quelques minutes c'est mon grand maximum….et encore. Alors j'aurais fait quoi ? J'aurais trouvé un mur, ou une pierre, peut-être même un banc, mais j'aurais été seule car les enfants et ma tribu, pris dans l'élan, seraient restés dans le groupe des spectateurs, sans même se rendre compte ni réagir à ma prise de distance. Et puis, et puis, on a envie d'être ensemble mais c'est difficile de les emmener dans mes contraintes, les obliger à me suivre, à vivre moins bien à cause de moi.

mais ce ne sont pas toutes ces festivités et la fête jusqu'au bout de la nuit, le Dj la danse, la bière et les vacances qui m'auraient manqués, qui me font mal.
Non, j'ai mal de ne pas être AVEC ma tribu. De ne pas pouvoir regarder mes enfants s'amuser, ne pas voir les yeux émerveillés de miss Koala maintenant qu'elle n'a plus peur des feux d'artifice.
Ne plus regarder chacun des trois, ne plus passer un moment sympa et détendu avec mon homme en écoutant la musique et regardant les gens joyeux.

Ce soir j'ai dit à Miss Koala qu'elle allait partir au village, aller s'amuser, retrouver des copines et plein de gens, allumer des bougies, des lampions, faire une promenade dans la nuit, et finir par un beaaau feu d'artifice. Elle était toute surprise (on ne lui en avait pas parlé, ne sachant pas comment on allait s'organiser) et toute joyeuse. Je lui ai demandé comment elle allait s'habiller, on a papoté, ses yeux brillaient, elle était impatiente.
Et puis… alors qu'elle était assise sur moi, tout contre moi, je lui ai pris les mains et je l'ai regardée dans les yeux pour lui dire que je n'allais pas venir, moi. Que je ne pouvais pas. Elle  eu deux secondes d'abattement, et puis s'est dit que tout était réglé : "mais maman, tu prends tes béquilles et c'est bon !" 
Non ma douce, si tu savais comme ce n'est pas suffisant et comme j'ai eu mal aujourd'hui, jamais je ne pourrai tenir, même avec mes béquilles…
Je ne lui ai pas dit comme ça, je lui ai dit que malheureusement je ne pourrais pas. Je l'ai alors vue baisser la tête, et ses larmes venir au bord des yeux.

C'est ça qui m'a brisé le cœur. Décevoir ma petite fille, la rendre triste, devoir lui avouer que ce moment de joie, de fête, de rassemblement, je n'allais pas le vivre avec elle, qu'elle ne tiendrait pas ma main et qu'on ne se promènerait pas ensemble; Qu'elle ne pourrait pas me dire quel tir elle préfère, et comment elle se sent. qu'elle ne danserait pas sur la piste, ne tournoierait pas en venant me dire "oh maman, j'adOre cette sanson" 
Tout ça sans moi….
Voilà des mois que mes enfants et leur père vivent des tas de moments sympas sans moi. Vont à des endroits sympas sans moi.
Je ne peux pas les arrêter de vivre, oh, surtout pas. Mais être ainsi exclue, ne pas être avec eux, être séparée… c'est tellement difficile.

Le feu d'artifice est terminé, je l'ai regardé de la fenêtre, c'était joli, j'ai pensé à eux. Je me fais une joie à l'idée de leur montrer les photos demain pour qu'on partage un peu ce moment ensemble. C'est mieux que rien.

J'ai hâte que miss Koala rentre, c'était le deal, après le feu d'artifice Papa la ramène et retourne jouer avec les grands. Ils danseront jusqu'au bout de la nuit… et moi, j'aurai ma petite fille chérie blottie contre moi pour dormir. Je me rattraperai comme ça.

En partant, elle m'a offert un cadeau improvisé, une couronne, m'a dit je t'aime plusieurs fois. Grande Fille est allée cueillir vite un bouquet de roses blanches. Huuum mes amours, je crois qu'elles avaient envie que je ne me sente pas trop seule.

On n'imagine pas ce que c'est d'être handicapée ou invalide jusqu'à ce que cela nous tombe dessus et que plein de lieux nous soient soudain inaccessibles. On n'imagine pas la douleur jusqu'à ce que sa présence vous empêche de mettre un pied devant l'autre sans souffrir énormément.
On n'imagine pas ce qu'est l'enfermement. La solitude que tout cela engendre

Je vais relire dans le détail et tous les liens du mail que l'association HandiParentalité m'a envoyé récemment car je crois que je dois voir la vérité en face, et chaque jour des situations comme celle-ci m'aident à le faire un peu plus. Je vais lire tout ce que cette gentille dame m'a écrit.

Je me sens seule, si seule… si vous saviez.
Seule avec ma douleur, avec mon handicap, avec mes inquiétudes (est-ce pour la vie, ça y est ??), avec mon incompréhension d'un parcours médical interminable et plutôt inefficace …
Seule avec ma peine de maman, une maman qui ne peut pas être avec ses enfants quand elle voudrait, quand ILS voudraient.
Il y a des joies qu'ils vivent sans moi désormais. Ce n'est pas juste.

C'est l'été, c'est les vacances et depuis qu'il fait beau les enfants vont presque tous les jours à la nouvelle superbe aire de jeux faite pour eux. 
Je n'y ai jamais mis les pieds.
Et ce n'est pas demain la veille que je pourrai. Alors même mes filles n'ont plus envie d'y aller, elles s'ennuient. De moi, j'ose espérer.

Je vous souhaite de bonnes fêtes du 14 juillet , je vous souhaite en bonne santé, sincèrement.