vendredi 15 juin 2018

NON, un congé maternité, ce ne sont pas "des vacances" !

Je faisais du ménage dans mon sac à main il y a quelques jours, le trouvant systématiquement trop lourd.
Je sors mon portefeuille, énorme truc qui pèse une tonne, je l'ouvre. Mon regard se pose sur une petite carte, vous savez, les cartes de visite que toutes les boutiques et tous les commerciaux vous remettent systématiquement.

C'est une carte de " ma banquière" (ça fait très Romy Schneider, cette expression désuète). Je me rappelle lorsque ma conseillère me l'a donnée. Nous venions de changer de banque, et nous avons dû nous rencontrer pour faire connaissance, remplir tous les papiers, organiser le transfert…
Quelques jours après cet entretien, j'ai dû repasser à la banque donner un document qu'il manquait. Un "collaborateur" de ma conseillère m'a accueillie, m'annonçant que ma conseillère était actuellement en congés, mais que je n'allais pas la revoir avant longtemps. Il m'expliqua alors, très gêné, tellement gêné qu'il me gêna moi-même, que Mme C. soldait ses congés avant de partir en congé maternité.

Je crois qu'il n'a même pas utilisé ce mot, il était vraiment mal à l'aise, comme s'il s'excusait. Comme si la raison de l'absence de Mme C. était toute mystérieuse, embarrassante.
J'avais envie de lui faire cracher le morceau et lui faire dire qu'elle était enceinte, tout simplement, et que le terme de son congé maternité approchait !
Il nous a expliqué qu'après son congé maternité elle serait encore absente (en langage décodé on appelle ça un congé parental financé pour 6 mois par la CAF) et qu'elle reviendrait donc dans une petite année.

A dire vrai, moi, que ce soit elle ou une autre qui m'accueille et me "conseille", je m'en fichais un peu, puisque je n'avais pas l'intention de venir dans ces locaux. Mais cette façon de parler, cette conversation, cet embarras m'a déplu et marqué.
Marqué et déplu, lorsqu'il a lâché (toujours aussi embarrassé) que :

"Mme C. allait prendre de longues vacances" !

Je vous vois d'ici, bondir comme moi.

Non messieurs (je préviens, je ne mets pas tous les hommes dans le même panier mais ce genre de réflexions idiotes, mesquines, ignorantes et machistes (?) c'est toujours dans la bouche des hommes que je l'ai entendu.

Non, porter un enfant et avoir un ventre qui grossit, un ventre qui est si gros lorsqu'arrive enfin le congé maternité (6 semaines avant la date prévue d'acccouchement) que l'on ne voit plus ses pieds, qu'on s'essouffle dès qu'on parcourt 50 mètres, avoir un ventre si encombrant qu'on ne sait pas comment dormir (et qu'on ne dort plus), les jambes gonflées, des hémorroïdes pour certaines, les pieds gonflés dont les orteils ressemblent à des mini-knackys, non, déjà, ce ne sont pas des vacances.

Acccoucher…..accoucher ! Mettre au monde son bébé, ce petit trésor …. quelque soit la façon dont cela se passe, et dans la façon la plus normale, c'est une véritable épreuve sportive, un marathon !
Et généralement, on n'est beaucoup moins préparé qu'un sportif pour son marathon…. (on a même pas le droit de boire pendant toutes ces heures, alors c'est pour dire…)
Un accouchement n'est pas oublié le lendemain. Notre corps peut porter de lourdes traces du passage denotreenfant. Voie haute, voie basse, mêmecombat. Cicatrice entre les jambes ou au-dessus du pubis, fatigue intense, sensation de "vide" mais ventre encore gonflé, contractions de l'utérus qui se rétracte, tout notre corps est bouleversé.

Et nous aussi.


Mille hormones se sont mises en branle, dirigent nos gestes, influencent nos pensées, nos envies.
Nous avons vécu un bouleversement dont on se souviendra toute notre vie, mais en plus, un petit bébé sans défenses est sorti de nous. Il est là, à côté, et sa survie dépend de nous.
Si l'on ne le nourrit pas, il mourra. Si on ne le porte pas, il sentira un manque. Le manque de ce toucher utérin, de ce contact qui l'a rassuré 9 mois durant.
Ce bébé va pleurer. Un peu, beaucoup, intensivement, insupportablement peut-être !
Et on devra faire avec.


Maigre congé maternité : 10 semaines après l'accouchement, dans la théorie. Il y a souvent moyen d'obtenir une petite rallonge, mais la théorie et la réalité sont bien là : 10 semaines seulement pour "se remettre". Ce congé post-natal est également plus long si vous avez déjà eu 2 enfants.

Se remettre de cette naissance, apprivoiser ce nouveau corps et aussi..Et surtout...faire connaissance avec SON bébé. Ce bébé-là pas et plus celui des revues que l'on a peut-être beaucoup lues dans les salles d'attente de la SF ou l'obstétricien.

Alors voilà, jour après jour, nuit après nuit, plus ou moins aidée, secondée, remplacée (le rêve) par son conjoint, on va changer mille couches, se réveiller quand bébé pleurera, à n'importe quelle heure de la nuit, se réveiller beaucoup, souvent (la question des nuits de bébé est LE sujet le plus abordé dans n'importe quelle conversation entre mamans. Faites le test si vous ne me croyez pas…

J'organise des cafés papote et rencontre des (groupes de) mamans depuis plus de 6 ans alors vous pouvez me croire sur parole). Dormir quand on pourra. Pour ça, on a plus ou moins de chances. Pour avoir en atelier généralement 3 familles à la fois, je dirais que statistiquement, il y a un bébé dormeur (oui vous savez celui qui dort 12h d'affilée la nuit depuis l'âge d'un ou deux mois) pour au moins 3 bébés qui dorment mal. Et c'est normal.

Etre en congé maternité, c'est s'occuper d'un bébé.

Tant mieux si l'on peut se dégager rapidement un petit créneau pour soi : balade, lecture, sortie avec une copine, institut de beauté ou film au cinéma. Tant mieux si l'on a de l'aide, je souhaite que vous ayez de l'aide, un relais, une grand-mère, un frère, une grande (ou petite) sœur. Pour n'avoir jamais eu aucune famille près de nous et avoir dû assumer tout toute seule, je ne peux que vous souhaiter d'avoir un relai.
Mais ce n'est pas non plus la généralité. LOIN DE Là.

Etre en congé maternité, c'est devoir s'occuper 24h/24h d'un petit bébé qu'on ne connaît pas encore bien. Qui est parfois une graaaande énigme. 

Qui a parfois faim tout le temps.
C'est devoir l'allaiter à volonté, en mouillant parfois les draps, les t-shirts tellement le lait abonde et sort dès que bébé émet le premier son. Souvent vite se convaincre que l'on n'a pas assez de lait !
C'est devoir préparer des biberons, en laver plein la journée, préparer les doses, gérer la logistique du remplissage -lavage-séchage - stockage (et achat). Bien penser à ne jamais manquer de boîte de lait !

C'est faire les courses avec bébé si personne d'autre ne peut s'en charger.

 Faire les courses même si l'on a envie de dormir, même si l'on a les yeux au milieu de la figure car bébé s'est -encore- réveillé 3 fois et a terminé Notre nuit à 5h du matin. Et dès que vous le mettez dans la voiture, bien sûr il s'endort instantanément. Bébé serait mieux ailleurs qu'au supermarché, et nous aussi. Mais on n'a pas forcément le choix, encore moins si d'autres enfants occupent déjà la maison.


Etre en congé maternité, c'est penser chaque jour et chaque instant à bébé avant de penser à soi. 

C'est avoir des visites lorsque parfois on voudrait juste être seule et profiter que bébé dort pour dormir aussi. C'est profiter, si l'on a de la chance, de la présence de son mari qui bénéficie d'un ridicule formidable congé paternité de 11 jours. Papa sera là pour faire un max' de taches ménagères et soulager maman, ou bien il profitera lui aussi de bébé, faire connaissance avec lui, lui faire des câlins, le sortir, le faire rire. Cruel dilemme..
Et puis c'est activités et taches multipliées par deux ou trois si l'on a déjà d'autres enfants ! Parfois, lorsqu'un petit est encore jeune, pas encore scolarisé, on le met même un peu moins à la crèche par exemple, pour qu'il profite plus de nous (et inversement). Mais cela nous fatigue. Mais si on le met autant ou + à la crèche, on a tendance à culpabiliser. Dilemme, encore...

Etre en congé maternité c'est entendre beaucoup pleurer.

 Et notre cerveau, notre instinct et les pleurs de bébés sont faits pour que l'on y réponde. Pour être insupportables et susciter en nous une réaction, impérieuse, indispensable, spontanée. Aaah les pleurs de bébé. On en écrit des livres entiers. On en parle entre mamans, à chaque fois que l'on se rencontre.
En ateliers massage bébé, je consacre une séance entière aux pleurs de bébé, et je peux vous dire que les parents ont toujours plein de choses à dire. Parfois même, ils pleurent aussi. Les pleurs nous font réagir mais les pleurs peuvent nous user. Et puis nous sommes nous, toutes les mères, les parents, partagés entre ceux qui pensent qu'il faut laisser pleurer, ne pas devenir "esclave", et ceux qui pensent (comme moi) que les pleurs de bébé sont l'expression d'un besoin et qu'il convient d'y répondre au plus vite, que bébé pleurera moins et moins longtemps. Et que même s'il pleure, au moins il ne sera pas seul, délaissé.

Etre en congé maternité , ce sont 10 semaines de RV médicaux, pour lui, et un peu pour nous.

 De multiples RdV imposés (examens à 16 jours puis chaque mois, visite post-accouchement à 6 semaines pour maman). L'ostéopathe, souvent. C'est souvent avoir le corps tout tordu, le bassin pas bien en place, et pas le temps d'y aller. Délais d'attente pour un RDV, et toujours, toujours cette tendance maternelle salvatrice pour bébé mais délétère pour maman : faire passer son bébé avant soi.

Ces 10 semaines de congé maternité passent généralement comme l'éclair, alors même que nos journées sont extrêmement remplies et que l'on n'a pas le temps de souffler.

Un congé maternité, c'est souvent une douche prise à 17h, ou n'importe quelle heure, ou quand papa rentre enfin pour prendre le relai.
C'est faire du ménage quand on voudrait et devrait dormir.
Se noyer dans le linge et vouloir que tout soit bien blanc, bien propre, bien repassé, car la layette, les premiers bodys, les petits pyjamas, tout cela passe si vite et ne reviendra jamais, on veut immortaliser ces petits bouts qui épousent les formes de notre cher bébé.

C'est caser ses séances de rééducation du périnée, avec bébé bien évidemment (en portant un cosy bien lourd sous le bras bien sûr). Dire non à des séances de bien-être, ailleurs, à cause de ces séances car une fois le travail repris, c'est bien trop compliqué à gérer. 


C'est pour de plus en plus de mamans trouver enfin quand même le temps de caser un atelier de portage parce que l'on sait que cela nous donnera 2 bras de +...et ça je m'en réjouis ! (je vous incite même à venir en fin de grossesse comme ça vous ne perdez pas un jour)

Un congé maternité, c'est vouloir tout caser et vouloir assurer.  

Et même si on cherche à ne pas sentir tout ce poids, la société l'attend de nous. Vite, optimiser ce congé maternité ! Accoucher et vite se remettre.
Et deux petits mois et demi, pour la majorité des mamans, c'est court. Bien trop court. Alors il faut l'optimiser...Et vite revenir au travail, où on nous attend !


Tenter de résoudre des démarches administratives, bancaires, que l'on n'a pas pu caser lorsque l'on était dans notre période "baleine".


C'est, à l'approche des derniers jours, des deux dernières semaines, souvent des larmes, le cœur serré : "je n'ai pas envie de retourner travailler. J'ai mal, j'ai peur, comment cela va se passer ? Je n'ai pas envie de me séparer de mon bébé. Comment va-t-il vivre la séparation ? et moi ??"
C'est beaucoup de paires d'yeux humides que je vois et de chagrins rentrés. De fatalité.
De conseils donnés aux autres, celles qui viennent juste d'accoucher :
"profite-en, ça passe très vite ce congé, trop vite. Va à l'essentiel, profite de ton bébé"

Etre en congé maternité, c'est être seule avec lui, avec eux (des jumeaux, ou des aînés). 

C'est tout gérer, ou à peu près tout. C'est la charge mentale parce qu'on est celle qui reste à la maison. Femme super active, working mum pressée de retourner au bureau ou maman qui rêve de prolonger par un congé parental, ces 10 semaines restent les mêmes : être maman et s'occuper d'à peu près tout. S'en occuper en ayant une fatigue qui s'accumule, une liste de choses à faire jamais vide, une charge mentale au taquet.

C'est aussi l'inquiétude sur la croissance de son bébé. Grossit-il assez, grandit-il correctement ? Boit-il tout son compte, manque-t-il de lait ? Je ne parlerai même pas des problèmes d'allergie, de reflux ou autre qui peuvent conduire à devoir changer x fois de lait après avoir vu bébé se tordre de douleur ou vomir son biberon aussitôt ingurgité.
L'inquiétude sur tout ce qui concerne bébé : son sommeil, ses rots, sa peau, son rythme, ses phases actives, son éveil, sa stimulation, son repos, ...Etc etc. C'est bien connu que du jour où vous devenez parent, vous ne vous endormez plus jamais complètement serein. 

J'ai entendu des hommes dire que leur collègue femme, revenant de congé maternité, revenait de "vacances".
J'ai entendu aussi souvent des employés se plaindre de ce que l'absence due au congé maternité engendrait comme dérangement dans l'organisation du service et le faire savoir à ladite maman.


C'est un peu comme la vanne ou la pensée commune que les profs ne fichent rien et ne travaillent que 15h par semaine, mais en pire. En pire, parce qu'il y a une fatigue incommensurable et un sentiment de solitude parfois pregnant, envahissant; Des mamans qui tombent dans la dépression post-partum. Des mamans démunies.

Des mamans qui vont bien mais qui n'en peuvent tout simplement plus car elles voudraient dormir la nuit et cesser d'entendre bébé pleurer.

Il ne faut pas se leurrer, il faut arrêter de dire des âneries, des mesquineries ou remarques sexistes : revenir de congé maternité, c'est souvent difficile, c'est souvent avec une grande fatigue et une certaine fragilité (anxieté, séparation, stress par rapport à la reprise du travail etc). Une maman qui revient de congé maternité est rarement en mode "Wonder woman" !

Alors non, non et non, un congé maternité ce n'est pas 16 semaines de vacances gratos. C'est un bouleversement à jamais. C'est sentir et savoir que tout repose sur nos épaules de maman.. C'est penser à son bébé, tout le temps. Et à ses autres enfants, si on en a déjà.


Et gérer, du coup, ces mentalités arriérées  à notre retour au travail, faire face aux remarques bien lourdes, sentir la fatigue (et parfois le déchirement de la séparation) et avoir en face de soi des collègues qui pensent qu'on se l'est coulée douce….c'est éprouvant. Bien lourd, aussi. Désespérant ou très énervant, parfois.


Je ne vous raconte même pas ce qui se dit si vous avez pris un congé parental (vous avez de la chance si vous avez encore un bureau et pas un placard …. !)
Et/ou si vous annoncez que vous allez tirer votre lait chaque jour et que vous avez besoin d'un espace approprié.

Blindez-vous !


Mais n'oubliez jamais : 

Vous êtes les plus fortes , les mamans !


ps : je trouve le congé maternité français d'une  durée plus que ridicule, ne parlons pas du congé paternité...

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lundi 4 juin 2018

"Praliné  ! c'est écrit "praliné", papa !" s'exclame-t-elle, fière et joyeuse.


On a tourné la tête. Occupés qu'on était à s'attabler tandis que Papa Clyde portait miss Koala en porte-"bébé" P4 preschool le temps qu'il restait pour finir de cuire notre plat du dimanche. 
On a tourné la tête, ne sachant où regarder. Ne sachant pas de quoi elle parlait. D'autant qu'elle parlait à son papa !
Et elle lui a dit "là, papa en haut, regarde", et elle lui a tiré sur les cheveux pour lui faire lever la tête (oui c'est cet effet que produit sur vous votre enfant lorsque vous le portez sur votre dos et qu'il décide d'exercer des tests capillaires) : elle a alors pointé de son index une boite de chocolats, échouée, oubliée là depuis...hum, déjà le Noel d'avant. Je déteste le gâchis, mais j'avoue que je déteste aussi nettoyer le dessus de mes placards de cuisine.

portage p4 preschool ling ling d'amour préformé montessori


Elle l'a bien repérée, cette boîte, plus près qu'elle n'était que d'ordinaire de ces hauts de placard, et elle a lu.


Ca fait un moment qu'on la voit lire pas mal de choses mais là, j'avoue qu'elle nous a surpris. Je ne saurais pas dire pourquoi, tant c'est déjà épatant en tant que tel de voir son enfant de moins de 5 ans lire !


Voyant qu'il y avait un autre mot dessus, elle a alors appliqué sa méthode favorite, celle qu'elle aime et qui est si facile, si plaisante, si logique qu'elle aime le faire tous les jours, comme ça, juste pour le plaisir (et uniquement pour le plaisir) : écouter les sons que produisent les lettres.


Car c'est bien cela, la grande joie de la situation, c'est que Miss Koala apprend à lire toute seule sans être scolarisée.
Aaaaah on en entend, des choses, on en a entendu, surtout, lorsqu'on a décidé , la première année (de maternelle) de ne pas l'inscrire en PS. Beaucoup de choses entendues...Et tous ceux qu'on n'a pas entendu, occupés qu'ils étaient (sont ?) à parler derrière notre dos en ne comprenant toujours pas cette décision à contre-courant (mais pourquoi s'entêtent-ils ?? ils ne savent pas ce qu'ils lui font louper)
Et bien si, on le sait bien, et c'est très bien ainsi. L'IEF, comprenez "instruction en famille", ou encore "école à la maison", "unschooling", cette aventure magique.


On sait surtout ce qu'on lui apporte, à notre miss à bouclettes de presque 5 ans qui sait déjà pas mal lire : la spontanéité. La liberté. La confiance. la joie d'apprendre. le plaisir. L'école de la vie !



Miss bouclettes n'aime pas écrire, mais elle adore lire. Comme son frère, comme sa sœur, quand ils étaient encore plus jeunes qu'elles. Vous pensez que c'est à cause de nous ? ou grâce à nous ? qu'on lui apprend ? qu'on a des bouquins de méthodes cachés dans nos tiroirs, qu'on s'en défend mais que c'est bien nous qui lui apprenons, car un enfant ne peut pas apprendre à lire seul ?
Et bien Si, il peut, et il peut même très jeune, et très bien !
Car apprendre à lire, c'est d'abord apprendre à entendre, écouter. Miss Koala écoute les sons. Le son des lettres. Pas le nom qu'on leur donne hein. Bien le son qu'elles produisent.


Je le savais, tout ça, mais justement, comme je ne voulais pas "faire l'école de façon formelle" à ma poupette, j'avais remisé cette notion très juste (mais pas appliquée à l'école) loin loin quelque part.
Mais elle est revenue au premier plan l'été dernier, lorsque j'ai lu le fameux livre de Céline Alvarez.
Depuis ce jour, les B sont devenus des "be" (sans insister sur le "e", les D des "dd", etc etc.
Si vous appelez les consonnes par un nom, alors l'enfant ne pourra pas voir la liaison avec les voyelles, et comment se prononcent les mots.
Toutes les consonnes sont juste des sons et n'ont pas de nom, ce qui a permis très très vite à miss bouclettes de commencer à dire à voix haute "pe i a ne o - piano !", sans même avoir de support écrit, d'ailleurs.

Montessori est officiellement entrée dans nos vies.

Les débuts de la lecture étaient là.  Forte de sa période sensible, miss bouclettes a vite évolué.

Miss koala apprend toute seule, dans la JOIE. Ses supports ? Tous les objets de la vie. Brique de jus de fruits, machine à laver, livre (un des siens), revue, emballages, boîtes .. tout y passe.
Même quand elle n'a rien sous les yeux, je l'entends parler en décortiquant les lettres. Elle a tout pigé, ma puce.

Pour ce qu'elle aime moins, l'écriture, je lui fais parfois (mais pas assez) travailler son geste graphique en lui faisant tracer de grandes lettres (notamment les boucles) dans un bac de semoule . ça l'amuse ! Et moi ça me rassure.
Mais je me remémore qu'un enfant apprend naturellement à lire avant de parvenir à écrire, le geste graphique étant..extrêmement compliqué, en fait !

Pour toutes ces notions, pour mieux comprendre ce que j'explique si mal, référez-vous au livre de Céline Alvarez, ou tout simplement à la méthode Montessori.
C'est tellement logique, tellement EVIDENT ! Et tellement facile, du coup.

Bref, notre poupée est heureuse, et nous aussi. Elle apprend énooormément de choses depuis qu'elle est...née (?). Toute seule, en observant, en déduisant. Convaincue des vertus et de la force des "apprentissages autonomes", je n'ai pas voulu lui faire "l'école à la maison", me transformer en maîtresse. je n'en ai ni les capacités, ni l'envie, ni le temps. Et en fait, il n'y a pas besoin.

voilà, je vous reparlerai de cette fameuse IEF toujours plus mise à mal (au fait, ce n'est pas "l'école" qui va devenir obligatoire à 3 ans mais bien "l'instruction") et qui nous fait, à nous, tellement de bien.

Ma Poupée sait lire depuis le début de l'année, quelques mois avant 5 ans, et elle adore ça.

ps : cette anecdote a été écrite début 2018 et est publiée en juin, entre les deux miss Bouclettes n'a fait que progresser et nous émerveiller, elle a compris les lettres muettes, les "des", les sons complexes, je vais lui afficher quelques digrammes plus évolués au mur (oin, gne etc) mais elle se dépatouille toute seule. Et s'éclate ! C'est ça, qui compte le plus !
Ce n'est pas lire pour lire, encore moinspour nous faire plaisir, mais lire pour comprendre le monde, pour se sentir acteur, pour se sentir fier(e) !

Merci, Montessori !


Et merci la non-sco, car cela n'aurait jamais été possible sinon.