vendredi 15 juin 2018

NON, un congé maternité, ce ne sont pas "des vacances" !

Je faisais du ménage dans mon sac à main il y a quelques jours, le trouvant systématiquement trop lourd.
Je sors mon portefeuille, énorme truc qui pèse une tonne, je l'ouvre. Mon regard se pose sur une petite carte, vous savez, les cartes de visite que toutes les boutiques et tous les commerciaux vous remettent systématiquement.

C'est une carte de " ma banquière" (ça fait très Romy Schneider, cette expression désuète). Je me rappelle lorsque ma conseillère me l'a donnée. Nous venions de changer de banque, et nous avons dû nous rencontrer pour faire connaissance, remplir tous les papiers, organiser le transfert…
Quelques jours après cet entretien, j'ai dû repasser à la banque donner un document qu'il manquait. Un "collaborateur" de ma conseillère m'a accueillie, m'annonçant que ma conseillère était actuellement en congés, mais que je n'allais pas la revoir avant longtemps. Il m'expliqua alors, très gêné, tellement gêné qu'il me gêna moi-même, que Mme C. soldait ses congés avant de partir en congé maternité.

Je crois qu'il n'a même pas utilisé ce mot, il était vraiment mal à l'aise, comme s'il s'excusait. Comme si la raison de l'absence de Mme C. était toute mystérieuse, embarrassante.
J'avais envie de lui faire cracher le morceau et lui faire dire qu'elle était enceinte, tout simplement, et que le terme de son congé maternité approchait !
Il nous a expliqué qu'après son congé maternité elle serait encore absente (en langage décodé on appelle ça un congé parental financé pour 6 mois par la CAF) et qu'elle reviendrait donc dans une petite année.

A dire vrai, moi, que ce soit elle ou une autre qui m'accueille et me "conseille", je m'en fichais un peu, puisque je n'avais pas l'intention de venir dans ces locaux. Mais cette façon de parler, cette conversation, cet embarras m'a déplu et marqué.
Marqué et déplu, lorsqu'il a lâché (toujours aussi embarrassé) que :

"Mme C. allait prendre de longues vacances" !

Je vous vois d'ici, bondir comme moi.

Non messieurs (je préviens, je ne mets pas tous les hommes dans le même panier mais ce genre de réflexions idiotes, mesquines, ignorantes et machistes (?) c'est toujours dans la bouche des hommes que je l'ai entendu.

Non, porter un enfant et avoir un ventre qui grossit, un ventre qui est si gros lorsqu'arrive enfin le congé maternité (6 semaines avant la date prévue d'acccouchement) que l'on ne voit plus ses pieds, qu'on s'essouffle dès qu'on parcourt 50 mètres, avoir un ventre si encombrant qu'on ne sait pas comment dormir (et qu'on ne dort plus), les jambes gonflées, des hémorroïdes pour certaines, les pieds gonflés dont les orteils ressemblent à des mini-knackys, non, déjà, ce ne sont pas des vacances.

Acccoucher…..accoucher ! Mettre au monde son bébé, ce petit trésor …. quelque soit la façon dont cela se passe, et dans la façon la plus normale, c'est une véritable épreuve sportive, un marathon !
Et généralement, on n'est beaucoup moins préparé qu'un sportif pour son marathon…. (on a même pas le droit de boire pendant toutes ces heures, alors c'est pour dire…)
Un accouchement n'est pas oublié le lendemain. Notre corps peut porter de lourdes traces du passage denotreenfant. Voie haute, voie basse, mêmecombat. Cicatrice entre les jambes ou au-dessus du pubis, fatigue intense, sensation de "vide" mais ventre encore gonflé, contractions de l'utérus qui se rétracte, tout notre corps est bouleversé.

Et nous aussi.


Mille hormones se sont mises en branle, dirigent nos gestes, influencent nos pensées, nos envies.
Nous avons vécu un bouleversement dont on se souviendra toute notre vie, mais en plus, un petit bébé sans défenses est sorti de nous. Il est là, à côté, et sa survie dépend de nous.
Si l'on ne le nourrit pas, il mourra. Si on ne le porte pas, il sentira un manque. Le manque de ce toucher utérin, de ce contact qui l'a rassuré 9 mois durant.
Ce bébé va pleurer. Un peu, beaucoup, intensivement, insupportablement peut-être !
Et on devra faire avec.


Maigre congé maternité : 10 semaines après l'accouchement, dans la théorie. Il y a souvent moyen d'obtenir une petite rallonge, mais la théorie et la réalité sont bien là : 10 semaines seulement pour "se remettre". Ce congé post-natal est également plus long si vous avez déjà eu 2 enfants.

Se remettre de cette naissance, apprivoiser ce nouveau corps et aussi..Et surtout...faire connaissance avec SON bébé. Ce bébé-là pas et plus celui des revues que l'on a peut-être beaucoup lues dans les salles d'attente de la SF ou l'obstétricien.

Alors voilà, jour après jour, nuit après nuit, plus ou moins aidée, secondée, remplacée (le rêve) par son conjoint, on va changer mille couches, se réveiller quand bébé pleurera, à n'importe quelle heure de la nuit, se réveiller beaucoup, souvent (la question des nuits de bébé est LE sujet le plus abordé dans n'importe quelle conversation entre mamans. Faites le test si vous ne me croyez pas…

J'organise des cafés papote et rencontre des (groupes de) mamans depuis plus de 6 ans alors vous pouvez me croire sur parole). Dormir quand on pourra. Pour ça, on a plus ou moins de chances. Pour avoir en atelier généralement 3 familles à la fois, je dirais que statistiquement, il y a un bébé dormeur (oui vous savez celui qui dort 12h d'affilée la nuit depuis l'âge d'un ou deux mois) pour au moins 3 bébés qui dorment mal. Et c'est normal.

Etre en congé maternité, c'est s'occuper d'un bébé.

Tant mieux si l'on peut se dégager rapidement un petit créneau pour soi : balade, lecture, sortie avec une copine, institut de beauté ou film au cinéma. Tant mieux si l'on a de l'aide, je souhaite que vous ayez de l'aide, un relais, une grand-mère, un frère, une grande (ou petite) sœur. Pour n'avoir jamais eu aucune famille près de nous et avoir dû assumer tout toute seule, je ne peux que vous souhaiter d'avoir un relai.
Mais ce n'est pas non plus la généralité. LOIN DE Là.

Etre en congé maternité, c'est devoir s'occuper 24h/24h d'un petit bébé qu'on ne connaît pas encore bien. Qui est parfois une graaaande énigme. 

Qui a parfois faim tout le temps.
C'est devoir l'allaiter à volonté, en mouillant parfois les draps, les t-shirts tellement le lait abonde et sort dès que bébé émet le premier son. Souvent vite se convaincre que l'on n'a pas assez de lait !
C'est devoir préparer des biberons, en laver plein la journée, préparer les doses, gérer la logistique du remplissage -lavage-séchage - stockage (et achat). Bien penser à ne jamais manquer de boîte de lait !

C'est faire les courses avec bébé si personne d'autre ne peut s'en charger.

 Faire les courses même si l'on a envie de dormir, même si l'on a les yeux au milieu de la figure car bébé s'est -encore- réveillé 3 fois et a terminé Notre nuit à 5h du matin. Et dès que vous le mettez dans la voiture, bien sûr il s'endort instantanément. Bébé serait mieux ailleurs qu'au supermarché, et nous aussi. Mais on n'a pas forcément le choix, encore moins si d'autres enfants occupent déjà la maison.


Etre en congé maternité, c'est penser chaque jour et chaque instant à bébé avant de penser à soi. 

C'est avoir des visites lorsque parfois on voudrait juste être seule et profiter que bébé dort pour dormir aussi. C'est profiter, si l'on a de la chance, de la présence de son mari qui bénéficie d'un ridicule formidable congé paternité de 11 jours. Papa sera là pour faire un max' de taches ménagères et soulager maman, ou bien il profitera lui aussi de bébé, faire connaissance avec lui, lui faire des câlins, le sortir, le faire rire. Cruel dilemme..
Et puis c'est activités et taches multipliées par deux ou trois si l'on a déjà d'autres enfants ! Parfois, lorsqu'un petit est encore jeune, pas encore scolarisé, on le met même un peu moins à la crèche par exemple, pour qu'il profite plus de nous (et inversement). Mais cela nous fatigue. Mais si on le met autant ou + à la crèche, on a tendance à culpabiliser. Dilemme, encore...

Etre en congé maternité c'est entendre beaucoup pleurer.

 Et notre cerveau, notre instinct et les pleurs de bébés sont faits pour que l'on y réponde. Pour être insupportables et susciter en nous une réaction, impérieuse, indispensable, spontanée. Aaah les pleurs de bébé. On en écrit des livres entiers. On en parle entre mamans, à chaque fois que l'on se rencontre.
En ateliers massage bébé, je consacre une séance entière aux pleurs de bébé, et je peux vous dire que les parents ont toujours plein de choses à dire. Parfois même, ils pleurent aussi. Les pleurs nous font réagir mais les pleurs peuvent nous user. Et puis nous sommes nous, toutes les mères, les parents, partagés entre ceux qui pensent qu'il faut laisser pleurer, ne pas devenir "esclave", et ceux qui pensent (comme moi) que les pleurs de bébé sont l'expression d'un besoin et qu'il convient d'y répondre au plus vite, que bébé pleurera moins et moins longtemps. Et que même s'il pleure, au moins il ne sera pas seul, délaissé.

Etre en congé maternité , ce sont 10 semaines de RV médicaux, pour lui, et un peu pour nous.

 De multiples RdV imposés (examens à 16 jours puis chaque mois, visite post-accouchement à 6 semaines pour maman). L'ostéopathe, souvent. C'est souvent avoir le corps tout tordu, le bassin pas bien en place, et pas le temps d'y aller. Délais d'attente pour un RDV, et toujours, toujours cette tendance maternelle salvatrice pour bébé mais délétère pour maman : faire passer son bébé avant soi.

Ces 10 semaines de congé maternité passent généralement comme l'éclair, alors même que nos journées sont extrêmement remplies et que l'on n'a pas le temps de souffler.

Un congé maternité, c'est souvent une douche prise à 17h, ou n'importe quelle heure, ou quand papa rentre enfin pour prendre le relai.
C'est faire du ménage quand on voudrait et devrait dormir.
Se noyer dans le linge et vouloir que tout soit bien blanc, bien propre, bien repassé, car la layette, les premiers bodys, les petits pyjamas, tout cela passe si vite et ne reviendra jamais, on veut immortaliser ces petits bouts qui épousent les formes de notre cher bébé.

C'est caser ses séances de rééducation du périnée, avec bébé bien évidemment (en portant un cosy bien lourd sous le bras bien sûr). Dire non à des séances de bien-être, ailleurs, à cause de ces séances car une fois le travail repris, c'est bien trop compliqué à gérer. 


C'est pour de plus en plus de mamans trouver enfin quand même le temps de caser un atelier de portage parce que l'on sait que cela nous donnera 2 bras de +...et ça je m'en réjouis ! (je vous incite même à venir en fin de grossesse comme ça vous ne perdez pas un jour)

Un congé maternité, c'est vouloir tout caser et vouloir assurer.  

Et même si on cherche à ne pas sentir tout ce poids, la société l'attend de nous. Vite, optimiser ce congé maternité ! Accoucher et vite se remettre.
Et deux petits mois et demi, pour la majorité des mamans, c'est court. Bien trop court. Alors il faut l'optimiser...Et vite revenir au travail, où on nous attend !


Tenter de résoudre des démarches administratives, bancaires, que l'on n'a pas pu caser lorsque l'on était dans notre période "baleine".


C'est, à l'approche des derniers jours, des deux dernières semaines, souvent des larmes, le cœur serré : "je n'ai pas envie de retourner travailler. J'ai mal, j'ai peur, comment cela va se passer ? Je n'ai pas envie de me séparer de mon bébé. Comment va-t-il vivre la séparation ? et moi ??"
C'est beaucoup de paires d'yeux humides que je vois et de chagrins rentrés. De fatalité.
De conseils donnés aux autres, celles qui viennent juste d'accoucher :
"profite-en, ça passe très vite ce congé, trop vite. Va à l'essentiel, profite de ton bébé"

Etre en congé maternité, c'est être seule avec lui, avec eux (des jumeaux, ou des aînés). 

C'est tout gérer, ou à peu près tout. C'est la charge mentale parce qu'on est celle qui reste à la maison. Femme super active, working mum pressée de retourner au bureau ou maman qui rêve de prolonger par un congé parental, ces 10 semaines restent les mêmes : être maman et s'occuper d'à peu près tout. S'en occuper en ayant une fatigue qui s'accumule, une liste de choses à faire jamais vide, une charge mentale au taquet.

C'est aussi l'inquiétude sur la croissance de son bébé. Grossit-il assez, grandit-il correctement ? Boit-il tout son compte, manque-t-il de lait ? Je ne parlerai même pas des problèmes d'allergie, de reflux ou autre qui peuvent conduire à devoir changer x fois de lait après avoir vu bébé se tordre de douleur ou vomir son biberon aussitôt ingurgité.
L'inquiétude sur tout ce qui concerne bébé : son sommeil, ses rots, sa peau, son rythme, ses phases actives, son éveil, sa stimulation, son repos, ...Etc etc. C'est bien connu que du jour où vous devenez parent, vous ne vous endormez plus jamais complètement serein. 

J'ai entendu des hommes dire que leur collègue femme, revenant de congé maternité, revenait de "vacances".
J'ai entendu aussi souvent des employés se plaindre de ce que l'absence due au congé maternité engendrait comme dérangement dans l'organisation du service et le faire savoir à ladite maman.


C'est un peu comme la vanne ou la pensée commune que les profs ne fichent rien et ne travaillent que 15h par semaine, mais en pire. En pire, parce qu'il y a une fatigue incommensurable et un sentiment de solitude parfois pregnant, envahissant; Des mamans qui tombent dans la dépression post-partum. Des mamans démunies.

Des mamans qui vont bien mais qui n'en peuvent tout simplement plus car elles voudraient dormir la nuit et cesser d'entendre bébé pleurer.

Il ne faut pas se leurrer, il faut arrêter de dire des âneries, des mesquineries ou remarques sexistes : revenir de congé maternité, c'est souvent difficile, c'est souvent avec une grande fatigue et une certaine fragilité (anxieté, séparation, stress par rapport à la reprise du travail etc). Une maman qui revient de congé maternité est rarement en mode "Wonder woman" !

Alors non, non et non, un congé maternité ce n'est pas 16 semaines de vacances gratos. C'est un bouleversement à jamais. C'est sentir et savoir que tout repose sur nos épaules de maman.. C'est penser à son bébé, tout le temps. Et à ses autres enfants, si on en a déjà.


Et gérer, du coup, ces mentalités arriérées  à notre retour au travail, faire face aux remarques bien lourdes, sentir la fatigue (et parfois le déchirement de la séparation) et avoir en face de soi des collègues qui pensent qu'on se l'est coulée douce….c'est éprouvant. Bien lourd, aussi. Désespérant ou très énervant, parfois.


Je ne vous raconte même pas ce qui se dit si vous avez pris un congé parental (vous avez de la chance si vous avez encore un bureau et pas un placard …. !)
Et/ou si vous annoncez que vous allez tirer votre lait chaque jour et que vous avez besoin d'un espace approprié.

Blindez-vous !


Mais n'oubliez jamais : 

Vous êtes les plus fortes , les mamans !


ps : je trouve le congé maternité français d'une  durée plus que ridicule, ne parlons pas du congé paternité...

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lundi 4 juin 2018

"Praliné  ! c'est écrit "praliné", papa !" s'exclame-t-elle, fière et joyeuse.


On a tourné la tête. Occupés qu'on était à s'attabler tandis que Papa Clyde portait miss Koala en porte-"bébé" P4 preschool le temps qu'il restait pour finir de cuire notre plat du dimanche. 
On a tourné la tête, ne sachant où regarder. Ne sachant pas de quoi elle parlait. D'autant qu'elle parlait à son papa !
Et elle lui a dit "là, papa en haut, regarde", et elle lui a tiré sur les cheveux pour lui faire lever la tête (oui c'est cet effet que produit sur vous votre enfant lorsque vous le portez sur votre dos et qu'il décide d'exercer des tests capillaires) : elle a alors pointé de son index une boite de chocolats, échouée, oubliée là depuis...hum, déjà le Noel d'avant. Je déteste le gâchis, mais j'avoue que je déteste aussi nettoyer le dessus de mes placards de cuisine.

portage p4 preschool ling ling d'amour préformé montessori


Elle l'a bien repérée, cette boîte, plus près qu'elle n'était que d'ordinaire de ces hauts de placard, et elle a lu.


Ca fait un moment qu'on la voit lire pas mal de choses mais là, j'avoue qu'elle nous a surpris. Je ne saurais pas dire pourquoi, tant c'est déjà épatant en tant que tel de voir son enfant de moins de 5 ans lire !


Voyant qu'il y avait un autre mot dessus, elle a alors appliqué sa méthode favorite, celle qu'elle aime et qui est si facile, si plaisante, si logique qu'elle aime le faire tous les jours, comme ça, juste pour le plaisir (et uniquement pour le plaisir) : écouter les sons que produisent les lettres.


Car c'est bien cela, la grande joie de la situation, c'est que Miss Koala apprend à lire toute seule sans être scolarisée.
Aaaaah on en entend, des choses, on en a entendu, surtout, lorsqu'on a décidé , la première année (de maternelle) de ne pas l'inscrire en PS. Beaucoup de choses entendues...Et tous ceux qu'on n'a pas entendu, occupés qu'ils étaient (sont ?) à parler derrière notre dos en ne comprenant toujours pas cette décision à contre-courant (mais pourquoi s'entêtent-ils ?? ils ne savent pas ce qu'ils lui font louper)
Et bien si, on le sait bien, et c'est très bien ainsi. L'IEF, comprenez "instruction en famille", ou encore "école à la maison", "unschooling", cette aventure magique.


On sait surtout ce qu'on lui apporte, à notre miss à bouclettes de presque 5 ans qui sait déjà pas mal lire : la spontanéité. La liberté. La confiance. la joie d'apprendre. le plaisir. L'école de la vie !



Miss bouclettes n'aime pas écrire, mais elle adore lire. Comme son frère, comme sa sœur, quand ils étaient encore plus jeunes qu'elles. Vous pensez que c'est à cause de nous ? ou grâce à nous ? qu'on lui apprend ? qu'on a des bouquins de méthodes cachés dans nos tiroirs, qu'on s'en défend mais que c'est bien nous qui lui apprenons, car un enfant ne peut pas apprendre à lire seul ?
Et bien Si, il peut, et il peut même très jeune, et très bien !
Car apprendre à lire, c'est d'abord apprendre à entendre, écouter. Miss Koala écoute les sons. Le son des lettres. Pas le nom qu'on leur donne hein. Bien le son qu'elles produisent.


Je le savais, tout ça, mais justement, comme je ne voulais pas "faire l'école de façon formelle" à ma poupette, j'avais remisé cette notion très juste (mais pas appliquée à l'école) loin loin quelque part.
Mais elle est revenue au premier plan l'été dernier, lorsque j'ai lu le fameux livre de Céline Alvarez.
Depuis ce jour, les B sont devenus des "be" (sans insister sur le "e", les D des "dd", etc etc.
Si vous appelez les consonnes par un nom, alors l'enfant ne pourra pas voir la liaison avec les voyelles, et comment se prononcent les mots.
Toutes les consonnes sont juste des sons et n'ont pas de nom, ce qui a permis très très vite à miss bouclettes de commencer à dire à voix haute "pe i a ne o - piano !", sans même avoir de support écrit, d'ailleurs.

Montessori est officiellement entrée dans nos vies.

Les débuts de la lecture étaient là.  Forte de sa période sensible, miss bouclettes a vite évolué.

Miss koala apprend toute seule, dans la JOIE. Ses supports ? Tous les objets de la vie. Brique de jus de fruits, machine à laver, livre (un des siens), revue, emballages, boîtes .. tout y passe.
Même quand elle n'a rien sous les yeux, je l'entends parler en décortiquant les lettres. Elle a tout pigé, ma puce.

Pour ce qu'elle aime moins, l'écriture, je lui fais parfois (mais pas assez) travailler son geste graphique en lui faisant tracer de grandes lettres (notamment les boucles) dans un bac de semoule . ça l'amuse ! Et moi ça me rassure.
Mais je me remémore qu'un enfant apprend naturellement à lire avant de parvenir à écrire, le geste graphique étant..extrêmement compliqué, en fait !

Pour toutes ces notions, pour mieux comprendre ce que j'explique si mal, référez-vous au livre de Céline Alvarez, ou tout simplement à la méthode Montessori.
C'est tellement logique, tellement EVIDENT ! Et tellement facile, du coup.

Bref, notre poupée est heureuse, et nous aussi. Elle apprend énooormément de choses depuis qu'elle est...née (?). Toute seule, en observant, en déduisant. Convaincue des vertus et de la force des "apprentissages autonomes", je n'ai pas voulu lui faire "l'école à la maison", me transformer en maîtresse. je n'en ai ni les capacités, ni l'envie, ni le temps. Et en fait, il n'y a pas besoin.

voilà, je vous reparlerai de cette fameuse IEF toujours plus mise à mal (au fait, ce n'est pas "l'école" qui va devenir obligatoire à 3 ans mais bien "l'instruction") et qui nous fait, à nous, tellement de bien.

Ma Poupée sait lire depuis le début de l'année, quelques mois avant 5 ans, et elle adore ça.

ps : cette anecdote a été écrite début 2018 et est publiée en juin, entre les deux miss Bouclettes n'a fait que progresser et nous émerveiller, elle a compris les lettres muettes, les "des", les sons complexes, je vais lui afficher quelques digrammes plus évolués au mur (oin, gne etc) mais elle se dépatouille toute seule. Et s'éclate ! C'est ça, qui compte le plus !
Ce n'est pas lire pour lire, encore moinspour nous faire plaisir, mais lire pour comprendre le monde, pour se sentir acteur, pour se sentir fier(e) !

Merci, Montessori !


Et merci la non-sco, car cela n'aurait jamais été possible sinon. 


mercredi 9 mai 2018

"Il me cherche" , livre d'Isabelle Filliozat (comprendre ce qui se passe dans son cerveau entre 6 et 11 ans)

3 ans ! Cela fait 3 ans que je dois souhaite vous parler de ce livre.
C'est fou comme le temps ronge la vie

Je vous présente aujourd'hui le livre d'Isabelle Filliozat,


"Il me cherche"

Comprendre ce qui se passe dans son cerveau entre 6 et 11 ans



Je dirais plutôt que c'est une sorte de manuel, un petit guide...mais pas totalement, ou plutôt pas seulement.
En effet, si le livre d'Isabelle Filliozat comprend des cas pratiques, concrets, c'est-à-dire issus de la vie quotidienne, joliment illustrés par Anouk Dubois (collaboration déjà effectuée dans le livre petit frère "J'ai tout essayé" pour les 1/5 ans), il contient aussi à chaque fois un éclairage de la situation sous l'angle des découvertes des neurosciences et de la psychologie expérimentale.

Isabelle Filliozat aime nous expliquer ce qui se passe dans le cerveau de notre enfant, et quelles sont les émotions en jeu aussi.
D'ailleurs, Isabelle Filliozat au début du livre donne un mode d'emploi d'utilisation du livre, puisque ce n'est pas du tout linéaire.
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Le livre "il me cherche" est, comme "j'ai tout essayé" découpé en chapitres correspondant chacun à un âge de l'enfant.
A 8 ans par exemple, un enfant tient particulièrement aux règles, à leur respect, il a le désir de bien faire, il aime accomplir des tâches, organiser, résoudre des problèmes.. et il aime établir des projets. 

  • 6 à 7 ans  : l'âge de l'imaginaire
  • 7 ans : l'âge de raison
  • 8 ans : l'âge des règles et des projets
  • 9 ans : justice et perfection
  • 10 ans : la confiance
  • 11 ans : les prémices de l'adolescence
En fin de livre, après la conclusion, Isabelle Filliozat, désireuse de nous voir maintenir un lien affectueux et authentique avec nos enfants, nous livre de petites infos et ressources supplémentaires. Sur le stress, l'attachement, les émotions, la résolution de problèmes, l'incidence de l'alimentation, l'importance de l'exercice physique , les inconvénients des punitions, retrouver son calme entre autres...

Ce que j'aime dans ce livre, c'est..tout ! Mais en particulier :
  • la facilité avec laquelle Isabelle Filliozat nous parle à nous, parents, du quotidien, de la vraie vie, sans partir dans de grandes tirades incompréhensibles pour nous, profanes en neurosciences et psychologie avancée, (ce n'est pas pour rien qu'elle passe souvent aux Maternelles et que ses vidéos ont beaucoup de succès).
  • le postulat de départ, CAPITAL : votre enfant, notre enfant, "c'est de la bonne graine" ! Votre enfant n'a ni mauvaise intention, ni toutes les cartes en main pour pouvoir grandir tout seul sainement et confortablement.
"C'est notre rôle de lui permettre de grandir, en lui fournissant le meilleur terreau, la nourriture dont elle a besoin, en tuteurant la jeune pousse, en détectant ses besoins en fonction de ses réactions"
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  • Isabelle Filliozat nous explique aussi l'importance d'accueillir les émotions de notre enfant et nous aide à le faire, sans les minimiser, en les prenant au sérieux tout en aidant notre enfant à sortir de ses émotions "négatives".
Nous devons parvenir à voir les éventuels maux derrière les mots, comprendre ce qui ne va pas, ce que notre enfant nous "dit"...

C'est un livre qu'on a lu en long, en large, en travers. Le jour où je l'ai acheté, ma cadette, presque 8 ans à l'époque, l'a dévoré.
Mon Grand, âgé d'alors 10 ans, l'a souvent lu, tranquillement dans sa chambre. Il m'a dit que c'était très réaliste et qu'il aimait beaucoup.

Aujourd'hui, mes deux "grands" sont sortis de cette période, ma Cadette est aux prémices de l'adolescence

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et avec eux, je commence une phase..plus délicate !
On verra comment on s'en sort

Et ça tombe bien, Isabelle Filliozat, à la rentrée 2017, a sorti le 3è tome de la série : 
On ne se comprend plus!
Traverser sans dommage la période des portes qui claquent - 12/17ans

Autre bonne nouvelle pour vous :

"Il me cherche" d'Isabelle Filliozat est désormais disponible en format poche..(dans toutes les bonnes librairies, et surtout pas sur Amazon, svp)
Même texte, mêmes illustrations, vous ne perdez rien, et payez moins ;-)

Je vous souhaite une bonne lecture, je vous assure que c'est très très enrichissant et aidant.
D'ailleurs, je vais le relire...

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samedi 7 avril 2018

"le portage, ce n'est pas pour moi. Moi, je porte à bras"

Un jour, à l'époque où j'organisais encore des concours de portage sur ma page Facebook de blog, alors que je procédais à la validation des particpations pour gagner une écharpe JPMBB, je suis tombée sur le mur d'une participante, qui partageait donc la photo de mon article/concours. Une de ses amies Fb lui disait en gros "ça ce n'est pas pour moi, moi je porte à bras".

Cette réflexion m'a fortement interpellée.

"le portage en écharpe, ce n'est pas pour moi, je préfère porter mon BB dans les bras".


Cette phrase dite par une maman faisait écho à deux conversations que j'avais eues coup sur coup le mois précédent avec deux autres mamans.

La première m'expliquait que le portage "ce n'était pas pour elle", qu'elle ne voulait pas privilégier un enfant au détriment d'un autre, m'expliquait aussi qu'en portant un enfant elle l'empêchait peut-être de développer sa motricité, sa curiosité, d'aller explorer son environnement. Elle me disait aussi qu'ayant mal au dos, elle ne se voyait pas porter , qu'elle allait avoir encore plus mal et que non, vraiment, elle préférait rester comme elle était maintenant et porter les enfants à bras, en cas de besoin. Même si c'est fatiguant. Mais que non, le sling et toutes ces écharpes, ce n'était pas pour elle.

Et pourtant...une simple photo et on comprend bien que ça serait utile, le portage, non ? (merci Bébé se porte bien)
C'est porter à bras qui est délétère, pas le contraire.

En fait, elle faisait des mamans porteuses des mamans "à part", et ne se sentait pas concernée.


L'autre maman portait tout le temps sa fille dans les bras. Sa fille qui pourtant allait avoir 3 ans et devait donc "faire son poids". Elle la portait car elle l'aimai , elle la portait pour l'avoir tout contre elle, pour la voir, la regarder, pour la câliner, pour échanger avec elle en ayant une proximité. Elle la portait lorsqu'elles se retrouvaient en fin de journée et lorsque quelqu'un venait frapper à la porte et qu'elles allaient voir qui était le visiteur.
Elle la portait lors de manifestations festives, lorsqu'il fallait rentrer vite car il pleuvait ou qu'il faisait froid, elle la portait lorsque la petite était fatiguée, lorsqu'elle avait peur..
portage sling neobulle neosling bebe
Elle la portait lorsqu'elles saluaient une autre personne et qu'elles échangeaient quelques mots de politesse ou de conversation.
Voilà, elle portait sa fille tout le temps, mais elle la portait à bras. Elle la calait sur sa hanche, et l'enveloppait de ses bras. Et ne comprenait ni ne voyait  en quoi un sling (une écharpe sans noeud, tenue par deux anneaux et permettant un portage asymétrique, sur la hanche notamment) ou une aide au portage lui rendraient service.




En fait, elle faisait des mamans porteuses des mamans "à part" et ne se sentait pas concernée.



Alors quand j'ai vu cette phrase une troisième fois prononcée, je me suis dit qu'il fallait que je l'écrive, cet article.

En effet, je n'arrive pas à comprendre comment certaines mamans peuvent ne pas se sentir concernées par le portage des enfants. Comment certaines mamans (et nounous) peuvent dire et sincèrement penser que ce n'est pas pour elles et qu'elles ne sont pas concernées. Pourquoi ?

Et bien parce que 100 %  des mamans et 100 % des nounous prennent les enfants dans les bras.

Un bébé pleure, on le prend dans les bras, face à soi ou couché sur son bras, on le prend et on le berce. Votre BB pleure parce qu'il a un rot coincé , vous le prenez contre vous et vous faites des petits mouvements pour essayer de le soulager, et l'inciter à roter. Vous savez, vous le prenez bien haut sur votre épaule, même que vous posez préalablement un bavoir ou un lange pour éviter la méga-tache de lait sur votre chemise.
Kermesse d'école, ballade qui s'éternise, rue avec trop de voitures, sortie d'école...
Un bébé touche à quelque chose et se fait mal, il pleure, on le prend dans les bras. Il chute, se blesse, se cogne, on le porte pour le consoler, on le soigne, on le re-porte, pour l'apaiser.
Vous rencontrez une copine dans la rue, vous commencez à papoter, votre bambin s'impatiente, tire sur votre main, veut partir, vous le prenez à bras, vous déhanchez, et hop vous le portez, et cela vous permet de le faire patienter un peu.
Les "non-porteuses" peuvent aussi porter mal le bébé, justement. C'est d'autant plus embêtant. Mais c'est un autre débat...

TOUTES les mamans que je connais portent leur enfant. TOUTES les nounous que je connais portent les enfants, parfois.

Toutes les employées de crèche aussi (souvenir pénible de 5/8 employées de crèche alignées pour assister à un spectacle de Noël, chacune, déhanchée, un bébé/bambin sur la hanche... et ma copine et moi portant nos bébés du même âge en sling)


Alors pourquoi, POURQUOI autant d'entre elles, non-porteuses, font-elles du portage un truc "à part" ? Pourquoi pensent-elles que ces moyens de portage ne les concernent pas ?

Je peux comprendre que les noeuds d'écharpe fassent peur, qu'ils rebutent, qu'ils dissuadent. J'ai plus d'une fois entendu des mamans/copines/collègues/relations me dire "oh c'est trop compliqué ces trucs". Je peux comprendre qu'une maman se sente "saucissonnée" dans un tissu de minimum 3m de long , ou qu'elle dise que ça colle ou qu'elle n'a pas envie d'avoir chaud.

wacotto, tube extensible
Je comprends complètement et c'est pour cela qu'il existe plein d'autres moyens de portage que la seule écharpe longue et "difficile à nouer". Que je les présente en atelier, et  à peu près partout où je vais et suis susceptible de rencontrer des parents /ass mat. Je fais la promotion du portage, et en sorte que chacun trouve ce qui lui convient le mieux.

tonga filet aide portage appoint coton pratique
tonga, un "filet"
siège de hanche
p4 ling ling d'amour porte-bébé tissu coton écharpe pas cher LLA bambin
P4 standard

Mais je ne comprends pas et ne comprendrai jamais qu'elles ne comprennent pas que le portage,

  • ça aide
  • ça donne deux bras de plus !
  • ça enlève le poids de bébé sur les bras
  • ça soulage le dos (et pas le contraire)
  • ça ne les catalogue pas "mère ci" ou "maman ça"
  • ça n'oblige pas à remplir un quota d'heures de portage
  • ça permet de s'occuper plus facilement de plusieurs enfants à la fois...c'est même à mon sens indispensable !
  • je vous parle même pas des jumeaux !
  • qu'en fait, toutes ces mamans/personnes qui disent que "le portage, ce n'est pas pour elles" ne savent pas ce qu'elles ratent et combien elles se simplifieraient la vie


Le portage, c'est se faciliter la vie !

Pourquoi repousser, rejeter quelque chose qui vous REND SERVICE (et Dieu sait combien les journées et les pensées d'une maman sont bien remplies !) ?!
onbu fidella portage babywearing twins babywearingtwins

Je rencontre de nouveaux (ou futurs) parents tous les jours ou presque, des nounous chaque semaine, des parents non-porteurs, des inconnus
Je parle du portage, par la démonstration ou des extraits de la vie quotidienne, j'explique joyeusement combien c'est pratique et propose d'essayer.
Mais maintenant si ça ne marche pas, si je vois une personne hermétique, fermée sceptique...Tant pis
On ne peut rien faire face à quelqu'un qui croit savoir et refuse d'avoir des informations.

Heureusement toutefois que ces sceptiques (que l'on rencontre dans chaque domaine de la vie) représentent une infime minorité de toutes les personnes à qui je parle ! ;-)
Ce serait déprimant et décourageant, sinon

Bref

VIVE LE PORTAGE !


p4 preschool porte-bébé pas cher bambins Ling ling d'amour LLA
p4 Preschool au parc d'attraction

vous voulez en savoir plus sur le portage ? Rv sur mon site www.aporteedeplume.fr ou ma page Facebook A portée de plume https://www.facebook.com/aporteedeplume/


vendredi 6 avril 2018

Le toucher sain et nourrissant sur bébé ....influence son ADN !

La quantité de proximité et de câlins entre les nouveaux-nés et leurs parents (et adultes prenant soin d'eux) peut affecter les enfants à un niveau moléculaire, un effet détectable 4 ans plus tard, selon les nouvelles recherches de l'Université de British Columbia et l'Institut BC Children's Hospital Research.


C'est une étude parue fin 2017 que j'ai découverte grâce à un article  paru dans le dernier numéro de Grandir Autrement.
"Holding infants – or not – can leave traces on their genes

Instructrice en massage bébé certifiée par l'AFMB, dès que l'on me parle de toucher, de peau à peau, de câlins, de proximité, ...forcément je tends l'oreille ou ouvre les yeux !
massage bébé toucher AFMB maman contact proximité maternage calin

Une étude a été menée par l'Université de British Columbia et l'Institut BC Children's Hospital Research..
Menée pendant 4 ans, elle impliquait  94 enfants  et leurs parents. Les chercheurs ont demandé aux parents de leur bébé âgé de 5 semaines de tenir un journal de la vie quotidienne du bébé (alimentation, pleurs, sommeil, ..) et de mentionner également tous les moments de proximité physique et câlins et soins qui impliquaient un contact corporel.
Lorsque les enfants ont eu 4 ans et demi, les chercheurs ont effectué un prélèvement buccal sur ces enfants.

Ils ont constaté une modification de la méthylation de leur ADN sur certains enfants. 

En effet, les enfants ayant reçu peu (ou moins) de contacts physiques avec leur parents ("low-contact parenting") avaient des cellules moins mûres qu'elles n'auraient dû l'être pour leur âge ("âge épigénétique"). Or des études récentes ont montré que ce décalage d'âge réel/ âge épigénétique a un impact sur la santé et le développement de l'enfant.

Il faudra voir les études ultérieures, mais l'épigénétique vient ici confirmer l'importance du toucher et les conséquences d'un manque de contact pour les bébés.. tel que cela avait déjà été démontré par les expériences de Harlow notamment, et l'incontournable livre d'Ashley Montagu.


Pour tout savoir sur cette étude, voici le lien de la publication du 27 novembre 2017 de l'UBC Faculty of Médicine
"Holding infants - or not- can leave traces on their genes"

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