vendredi 13 juillet 2018

Etre un parent malade et invalide.....et les enfants dans tout ça ?

Ce soir c'est la fête.
La Fête au Village. La Fête du 14 juillet, ici on la célèbre un jour à l'avance.

Je suis assise sur mon lit, ma fenêtre grande ouverte. J'entends tout, au loin. Enfin, en fait, c'est tout près. Mais c'est tellement loin….

Tellement loin que je n'ai pas pu y aller. Que je ne peux pas être avec mes enfants et mon mari. Ceux que j'aime. Voir les copains, les mamans, leurs enfants, les amis de mes enfants…

Ce soir j'entends des pétards, de la musique et quelques feux d'artifice qui tirent par ci par là. J'entends tout ça et j'ai le cœur….gros.

"Trop coool, j'ai la maison pour moi" aurais-je pu penser. 
"Chouette, je vais prendre une bonne douche chaude, me prélasser, me bichonner, ensuite je prendrai mon livre en écoutant de la musique ou bien je regarderai un replay". 
Je pourrais peut-être pousser le vice jusqu'à -encore- travailler, je n'ai pas fini ma rédaction, pas avancé comme je voulais cette -dure - semaine.

Oui...mais non. Impossible de voir les choses comme ça. Je ne suis pas absente de la fête par choix.
J'ai beaucoup hésité, j'y ai pensé toute la journée, jusqu'à quasiment 22h je me suis demandée si jes accompagnais.
Et puis j'ai dû me résigner. Je crois que je le savais déjà mais je gardais l'espoir.
Mais il fallait bien que je me rende à l'évidence que je ne pouvais pas faire un pas devant l'autre sans avoir ...tellement mal dans la jambe.
Docteur House c'est moi, humour en moins. C'est moi, l'homme qui grimace à chaque pas, qui a une canne (et même deux, et même un déambulateur à la maison)
Ce soir je sors tout parce que j'ai mal, dans mon corps et dans mon cœur. Trop de mal accumulé, et cette fête, c'est la goutte d'eau qui fait déborder mon vase. J'ai le cœur gros.

J'entends la musique et je me demande si mes enfants dansent. J'imagine ma grande papotant et courant partout avec sa meilleure amie, sa siamoise, sa BFF.
Je pense à mon grand qui n'avait pas envie d'y aller en disant que ça allait être nul, mais qui râlait de devoir attendre 22h.
Je pense à leur papa qui les accompagne et qui est là bas plus pour eux que pour lui-même. Ce n'est pas un grand bavard, et je ne suis pas là…



Si j'y étais allée….D'abord je n'aurais même pas pu marcher jusqu'à la place, je crois qu'il aurait fallu que l'on y aille en voiture. Passe encore. Ridicule en temps normal (il y  a 300 m à faire !) mais indispensable dans mon état. C'est comme ça. C'est devenu ça.
Mais là bas, j'aurais eu mes béquilles. Passe encore, c'est ma réalité. Presque personne ne m'a vue dans le village comme ça, mais il faudra bien, puisque la situation dure et que je ne pourrai pas rester enfermée toute ma vie à la maison. Et c'est parce que la situation dure que ce soir j'en parle ici. Sorte de coming-out triste, comme tout handicap quand il arrive dans votre tronche sans prévenir…

Il y avait la retraite aux flambeaux. Une superbe petite tradition très joyeuse et amicale, où chaque enfant se voit remettre une lanterne, qu'on allume, puis tout le monde parcourt joyeusement les rues du village; Parcours plus ou moins long selon l'heure, la luminosité et surtout...la couleur du ciel !
Si j'y étais allée...J'aurais dû attendre sur un banc, regarder mes filles partir lanterne au bras avec leur papa, Miss Koala toute belle avec sa queue de cheval et ses cheveux démêlés, et sa frange coupée par elle-même il y a 3 mois et qui lui va si bien maintenant. Je les aurais regardées partir et j'aurais eu le cœur serré.

Et puis il y aurait eu la fête, en attendant le feu d'artifice. Est-ce que je serais restée seule dans mon coin, clouée sur mon banc, est-ce que j'aurais osé me lever, est-ce que certains seraient venus me voir, histoire de papoter et de savoir ce que je deviens ? et ce qu'il m'arrive pour avoir des béquilles et marcher comme ça.


Et puis il y aurait eu le feu d'artifice, que j'entends maintenant. Ce feu d'artifice que je n'aurais pas pu regarder debout. Je suis invalide, handicapée, et je ne peux notamment plus rester debout, quelques minutes c'est mon grand maximum….et encore. Alors j'aurais fait quoi ? J'aurais trouvé un mur, ou une pierre, peut-être même un banc, mais j'aurais été seule car les enfants et ma tribu, pris dans l'élan, seraient restés dans le groupe des spectateurs, sans même se rendre compte ni réagir à ma prise de distance. Et puis, et puis, on a envie d'être ensemble mais c'est difficile de les emmener dans mes contraintes, les obliger à me suivre, à vivre moins bien à cause de moi.

mais ce ne sont pas toutes ces festivités et la fête jusqu'au bout de la nuit, le Dj la danse, la bière et les vacances qui m'auraient manqués, qui me font mal.
Non, j'ai mal de ne pas être AVEC ma tribu. De ne pas pouvoir regarder mes enfants s'amuser, ne pas voir les yeux émerveillés de miss Koala maintenant qu'elle n'a plus peur des feux d'artifice.
Ne plus regarder chacun des trois, ne plus passer un moment sympa et détendu avec mon homme en écoutant la musique et regardant les gens joyeux.

Ce soir j'ai dit à Miss Koala qu'elle allait partir au village, aller s'amuser, retrouver des copines et plein de gens, allumer des bougies, des lampions, faire une promenade dans la nuit, et finir par un beaaau feu d'artifice. Elle était toute surprise (on ne lui en avait pas parlé, ne sachant pas comment on allait s'organiser) et toute joyeuse. Je lui ai demandé comment elle allait s'habiller, on a papoté, ses yeux brillaient, elle était impatiente.
Et puis… alors qu'elle était assise sur moi, tout contre moi, je lui ai pris les mains et je l'ai regardée dans les yeux pour lui dire que je n'allais pas venir, moi. Que je ne pouvais pas. Elle  eu deux secondes d'abattement, et puis s'est dit que tout était réglé : "mais maman, tu prends tes béquilles et c'est bon !" 
Non ma douce, si tu savais comme ce n'est pas suffisant et comme j'ai eu mal aujourd'hui, jamais je ne pourrai tenir, même avec mes béquilles…
Je ne lui ai pas dit comme ça, je lui ai dit que malheureusement je ne pourrais pas. Je l'ai alors vue baisser la tête, et ses larmes venir au bord des yeux.

C'est ça qui m'a brisé le cœur. Décevoir ma petite fille, la rendre triste, devoir lui avouer que ce moment de joie, de fête, de rassemblement, je n'allais pas le vivre avec elle, qu'elle ne tiendrait pas ma main et qu'on ne se promènerait pas ensemble; Qu'elle ne pourrait pas me dire quel tir elle préfère, et comment elle se sent. qu'elle ne danserait pas sur la piste, ne tournoierait pas en venant me dire "oh maman, j'adOre cette sanson" 
Tout ça sans moi….
Voilà des mois que mes enfants et leur père vivent des tas de moments sympas sans moi. Vont à des endroits sympas sans moi.
Je ne peux pas les arrêter de vivre, oh, surtout pas. Mais être ainsi exclue, ne pas être avec eux, être séparée… c'est tellement difficile.

Le feu d'artifice est terminé, je l'ai regardé de la fenêtre, c'était joli, j'ai pensé à eux. Je me fais une joie à l'idée de leur montrer les photos demain pour qu'on partage un peu ce moment ensemble. C'est mieux que rien.

J'ai hâte que miss Koala rentre, c'était le deal, après le feu d'artifice Papa la ramène et retourne jouer avec les grands. Ils danseront jusqu'au bout de la nuit… et moi, j'aurai ma petite fille chérie blottie contre moi pour dormir. Je me rattraperai comme ça.

En partant, elle m'a offert un cadeau improvisé, une couronne, m'a dit je t'aime plusieurs fois. Grande Fille est allée cueillir vite un bouquet de roses blanches. Huuum mes amours, je crois qu'elles avaient envie que je ne me sente pas trop seule.

On n'imagine pas ce que c'est d'être handicapée ou invalide jusqu'à ce que cela nous tombe dessus et que plein de lieux nous soient soudain inaccessibles. On n'imagine pas la douleur jusqu'à ce que sa présence vous empêche de mettre un pied devant l'autre sans souffrir énormément.
On n'imagine pas ce qu'est l'enfermement. La solitude que tout cela engendre

Je vais relire dans le détail et tous les liens du mail que l'association HandiParentalité m'a envoyé récemment car je crois que je dois voir la vérité en face, et chaque jour des situations comme celle-ci m'aident à le faire un peu plus. Je vais lire tout ce que cette gentille dame m'a écrit.

Je me sens seule, si seule… si vous saviez.
Seule avec ma douleur, avec mon handicap, avec mes inquiétudes (est-ce pour la vie, ça y est ??), avec mon incompréhension d'un parcours médical interminable et plutôt inefficace …
Seule avec ma peine de maman, une maman qui ne peut pas être avec ses enfants quand elle voudrait, quand ILS voudraient.
Il y a des joies qu'ils vivent sans moi désormais. Ce n'est pas juste.

C'est l'été, c'est les vacances et depuis qu'il fait beau les enfants vont presque tous les jours à la nouvelle superbe aire de jeux faite pour eux. 
Je n'y ai jamais mis les pieds.
Et ce n'est pas demain la veille que je pourrai. Alors même mes filles n'ont plus envie d'y aller, elles s'ennuient. De moi, j'ose espérer.

Je vous souhaite de bonnes fêtes du 14 juillet , je vous souhaite en bonne santé, sincèrement.

mardi 3 juillet 2018

insomnie et mélancolie d'une maman qui a mal

3h30 je passe du sommeil à la conscience..
C'est la douleur qui m'a réveillée
A cette douleur que je maudis se sont vite ajoutées..

la contrariété
la mélancolie
l'inquiétude…
la tristesse

Un sentiment de déprime ne me quitte pas depuis plusieurs jours
Je sais bien que cela arrive à tout le monde, et je sais aussi qu'il y a plus grave que ce que je vis
Je sais aussi qu'il arrive à tout le monde, en particulier aux mamans, d'avoir des insomnies. Pour tout un tas de raisons !

Mais tout le monde ne gère pas une douleur toujours présente….tout le monde ne doit pas organiser son quotidien, ses activités, et ses activités professionnelles de surcroît, en fonction de ça.

Je crois que je ne dors pas car hier j'ai dû passer l'après-midi couchée dans mon lit.  J'ai pu continuer ma rédaction professionnelle, ça c'est un bon point. Pas besoin d'être debout, ni dans le salon en effet pour écrire (pour taper !) sur un ordinateur. Mais j'ai été obligée d'aller m'allonger, et ça, ça m'a contrariée, fait pleurer.
Mais dans le fond ce qui m'avait déjà bien contrariée avant, c'est de sentir que la douleur était revenue et bien trop forte pour que je reste debout et fasse comme si de rien n'était.

Putain de douleur que rien ne calme !
Je suis sur mon blog alors je peux crier ces mots-là et cela reste, avec ma meilleure amie, mon seul exutoire, le seul espace où je peux crier, la seule oreille qui m'écoute et entend ma plainte, mon désarroi.
J'espère qu'en me lisant vous comprendrez et ressentirez de l'empathie, et pas de l'exaspération.


Etre maman, c'est déjà difficile. C'est incroyablement beau, mais tellement difficile.

Ce qui m'a achevée hier, m'a brisé le cœur, c'est quand pour la énième fois en quelques semaines, ma miss Koala, ma poupée bouclée aux grands yeux bleus, m'a regardé me lever et marcher péniblement, et m'a demandé

"maman, ….quand tu iras mieux…. est-ce qu'on pourra aller à l'Accrobranche" ?



Le début de sa question
"maman..quand tu iras mieux…" étant prononcé avec plein d'espoir à chaque fois
Je suis heureuse qu'elle ait toujours de l'espoir, c'est le propre de l'enfance de raisonner au présent et de ne pas être naturellement pessimiste. C'est le propre de l'enfance d'être également naïf, de ne pas tout comprendre d'une situation compliquée…C'est chouette au fond qu'elle pense qu'un jour, forcément, tout s'arrangera et je ne serai plus malade.

Mais je suis heurtée, blessée de lui répondre "oui, quand j'irai mieux, on fera plein de choses je te le promets" en sachant que pour l'instant, je ne peux même pas aller au bout de la rue avec elle. Et elle le sait aussi bien que moi !
Quand j'ai mal, je ne peux pas me déplacer.


Et alors on parle du présent, je lui dis que je ne peux pas marcher correctement et que ça serait compliqué d'aller ci ou là.
Je sais qu'il faut préserver nos enfants mais il ne faut surtout pas leur mentir et elle est d'ailleurs très prévenante avec moi

Mais hier sa question m'a fait mal, elle m'a renvoyé à tout ce que l'on va rater cet été, tous ces choix que l'on va devoir faire :
vont-ils partir à tel endroit s'amuser sans moi, ou bien fait-on le choix que personne n'y va car c'est trop cruel pour moi  - et pour eux malgré tout  !!- de ne pas être avec eux ?
Fait-on le choix de faire comme si, finalement, nous étions séparés leur père et moi et que c'est lui qui les a en garde et qu'ils vont où ça leur chante, et moi je reste là ?

Consolation, on s'accroche au lac. Ah ça, le lac, on pourra y aller ! Le chemin est tout plat, la distance voiture /plage n'est pas longue, et je pourrai m'asseoir et m'allonger. Sans doute même que l'eau me fera du bien ! C'est OK.

Mais il y a des choses à admettre sur ma situation pour lesquelles je me rends compte que je ne suis pas prête
J'ai déjà fait tant de concessions, d'aménagements, j'ai déjà tellement modifié mon quotidien, mes habitudes, mes activités….mon travail !
Mais je crois bien qu'il n'y a que lorsque vraiment, je reconnaitrai que j'ai maintenant un handicap, quand je l'aurai intégré au fond de moi, et pas seulement dit en surface, que ce chagrin, cette culpabilité, cette mélancolie partiront. Une association m'a écrit et m'a parlé de tout cela. J'ai rejeté le mail, me disant que je n'étais pas concernée.
Peut-être bien que si, finalement. Ils ont vu juste, ils sont habitués.

3h38 je me suis levée pour ne pas ruminer dans mon lit, pour chasser mes idées noires, pour écrire ici, pour écrire pour mon travail… Vu l'heure qu'il est, j'ai bien avancé, et j'ai fait plein de choses encore.
Tant qu'à être levée, autant amortir le temps passé

Je me sens toujours aussi triste, mais au moins j'ai pu le dire
Et le cocktail "médicaments / chaud/froid au bon endroit" ont calmé pour l'instant ma douleur.
J'aime quand je n'ai pas mal
Je redeviens normale

Juste réveillée, debout parce que les insomnies redeviennent fréquentes, travaillant au calme et sans bruit , prête pour réveiller tout bientôt mes deuxenfants qui vont encore au collège même "s'ils ne font plus rien" .
Beaucoup l'ignorent, mais c'est cette semaine, la dernière semaine la meilleure, celle où il n'ya plus ni note ni évaluations, celle où les profs sont plus détendus et pour certains révèlent une part de leur intimité, de leur vie privée
celle où les collégiens regardent des films, font des jeux, 
celle où les élèves de 3ème comme mon fils sentent leur cœur se gonfler de nostalgie et de tristesse, comptent les jours avant que tout ceci, tout ce qu'ils ont construit, leurs amitiés leurs habitudes, les liens avec les profs, les relations avec les surveillants, le fait d'être les plus grands de la structure, tout ceci va s'achever, alors ils grapillent les derniers instants pour accumuler les souvenirs et les graver

Mon fils aussi va être triste et mélancolique, dans les jours et semaines à venir
La fin d'une époque, la fin d'une super année

J'espère que l'on aura un bel été, dans notre tribu, malgré tout cela

les limitations, les bobos au cœur, les béquilles et souvent la douleur


Croisez les doigts pour nous !


ps : merci de m'avoir lue


dimanche 24 juin 2018

Recette crème onctueuse pour visage et corps - slow cosmétique

Vous le savez, j'aime faire mes cosmétiques moi-même


Crème pour le visage, pour les mains, pour le corps
Baume pour les pieds
Shampoing ou gel douche,
Démêlant pour les cheveux
Déodorant etc.…

Je vous en avais parlé   cet hiver dans mon article "ZD mes actions au quotidien"
à propos du Zéro Déchet 



Aujourd'hui je vous donne une recette tout simple et minimaliste
pour une crème hyper nourrissante et onctueuse pour le visage et le corps.

Cette recette me plaît bien sûr par son résultat, sa texture, mais également et avant tout par sa simplicité de réalisation.
En effet, lorsque je fabrique un produit, je souhaite ne pas utiliser trop d'ingrédients, et surtout je tiens à ce qu'ils soient simples et naturels.

 Je ne suis donc pas fan des "émulsifiants", tensio-actifs , "sci" etc (les aficionadas reconnaîtront) ce qui veut dire que si une recette en contient je cherche une autre recette.

Voici donc la recette de ma super crème à la texture de mayonnaise (je vous rassure cette remarque est positive et cela n'en a pas l'odeur ni les propriétés)

Ingrédients :

  • 50g d'huile d'olive
  • 25g de beurre de karité (j'ai pris celui d'Aromazone)
  • 50 g d'huile de coco
  • 25g de cire d'abeille
  • facultatif : 5 gouttes d'huile essentielle. Palmarosa pour moi, j'adore son parfum !
Ingrédients hyper faciles à trouver, en magasin bio donc, et peu onéreux ! (et qui serviront à plein d'autres recettes rassurez-vous. Ce sont un peu les fondamentaux de la slow-cosmétique).
Pour la petite histoire, l'huile d'olive est bio et vient d'un petit village à la frontière italienne, où réside ma mère, et la cire d'abeille provient des ruches d'une copine dans le coin !
recette crème onctueuse visage corps beurre karité huile coco cire d'abeille slow cosmétique


Réalisation :

Faites fondre tous les ingrédients au bain-marie en remuant doucement.
recette crème onctueuse visage corps beurre karité huile coco slow cosmétique cire d'abeille

Placez ensuite la casserole 10 min au frigo le temps que cela fige un peu (j'ai entretemps transvasé dans un grand bol ).

Ressortez la casserole et fouettez le contenu.recette crème onctueuse visage corps beurre karité huile coco cire d'abeille émulsion slow cosmétique
Avant de commencer, vous pouvez avoir l'impression que cela va être trop dur mais finalement vous verrez que cela fait vite une émulsion, comme une mayonnaise.

Placer la crème dans un (des) pot(s) hermétique(s).

Il n'y a pas besoin de conservateur car il n'y a pas de phase aqueuse.

Le pot se conserve plusieurs semaines à température ambiante. Si vous préférez le conserver au frigo l'été, assurez-vous que la crème ne sera pas trop dure ensuite pour être étalée.

Pour ma part, le pot toujours été placé sur mon étagère, dans ma chambre à température ambiante, et je n'ai eu aucun souci.


Il  est resté (cette fois seulement) quelques petits morceaux dans mon émulsion, j'ignore pourquoi, car tout était bien fondu dans la casserole avant que je n'éteigne, mais la cire d'abeille était nouvelle, pas raffinée comme celles du commerce que l'on achète en petites pastilles, est-ce cela ?
Cela n'a pas grande incidence en tout cas. J'ai testé : étalez de la crème contenant un grumeau sur votre peau, cela s'écrase et cela fond en quelques secondes… aucun souci donc (et je répète, je n'ai jamais eu de morceau avant).

Voilà donc la recette que j'adore et trouve presque parfaite. 
Pourquoi "presque" ?
Parce qu'il y a de l'huile de coco dedans. Et l'huile de coco, si elle a bien des vertus en cosmétique (c'est bien plus controversé en cuisine), contribue à la déforestation et donc à un désastre écologique, auquel je n'ai pas envie de contribuer.
Je conserve donc mon pot d'huile de coco et l'utiliserai jusqu'à la fin, mais je ne pense pas en racheter ensuite.
Il me faudra donc trouver une nouvelle recette et je sens que cela va être mission impossible : soit il y a des ingrédients "trop compliqués" (voir en haut) soit il y en a trop tout simplement, soit j'ai testé et ça ne me convient pas (exemple la cire d'abeille tel quelle dans une crème donne une texture dure et "cireuse" (ahah), une autre recette me donne de petits boutons..Etc)

Bref, je profite à fond de cette recette !


Astuce : un petit flacon que je remplis et peux emporter partout ;-) (à la piscine, en we, etc)

recette crème onctueuse visage corps beurre karité huile coco cire d'abeille slow cosmétique zéro déchet

suivez-moi sur facebook

vendredi 15 juin 2018

NON, un congé maternité, ce ne sont pas "des vacances" !

Je faisais du ménage dans mon sac à main il y a quelques jours, le trouvant systématiquement trop lourd.
Je sors mon portefeuille, énorme truc qui pèse une tonne, je l'ouvre. Mon regard se pose sur une petite carte, vous savez, les cartes de visite que toutes les boutiques et tous les commerciaux vous remettent systématiquement.

C'est une carte de " ma banquière" (ça fait très Romy Schneider, cette expression désuète). Je me rappelle lorsque ma conseillère me l'a donnée. Nous venions de changer de banque, et nous avons dû nous rencontrer pour faire connaissance, remplir tous les papiers, organiser le transfert…
Quelques jours après cet entretien, j'ai dû repasser à la banque donner un document qu'il manquait. Un "collaborateur" de ma conseillère m'a accueillie, m'annonçant que ma conseillère était actuellement en congés, mais que je n'allais pas la revoir avant longtemps. Il m'expliqua alors, très gêné, tellement gêné qu'il me gêna moi-même, que Mme C. soldait ses congés avant de partir en congé maternité.

Je crois qu'il n'a même pas utilisé ce mot, il était vraiment mal à l'aise, comme s'il s'excusait. Comme si la raison de l'absence de Mme C. était toute mystérieuse, embarrassante.
J'avais envie de lui faire cracher le morceau et lui faire dire qu'elle était enceinte, tout simplement, et que le terme de son congé maternité approchait !
Il nous a expliqué qu'après son congé maternité elle serait encore absente (en langage décodé on appelle ça un congé parental financé pour 6 mois par la CAF) et qu'elle reviendrait donc dans une petite année.

A dire vrai, moi, que ce soit elle ou une autre qui m'accueille et me "conseille", je m'en fichais un peu, puisque je n'avais pas l'intention de venir dans ces locaux. Mais cette façon de parler, cette conversation, cet embarras m'a déplu et marqué.
Marqué et déplu, lorsqu'il a lâché (toujours aussi embarrassé) que :

"Mme C. allait prendre de longues vacances" !

Je vous vois d'ici, bondir comme moi.

Non messieurs (je préviens, je ne mets pas tous les hommes dans le même panier mais ce genre de réflexions idiotes, mesquines, ignorantes et machistes (?) c'est toujours dans la bouche des hommes que je l'ai entendu.

Non, porter un enfant et avoir un ventre qui grossit, un ventre qui est si gros lorsqu'arrive enfin le congé maternité (6 semaines avant la date prévue d'acccouchement) que l'on ne voit plus ses pieds, qu'on s'essouffle dès qu'on parcourt 50 mètres, avoir un ventre si encombrant qu'on ne sait pas comment dormir (et qu'on ne dort plus), les jambes gonflées, des hémorroïdes pour certaines, les pieds gonflés dont les orteils ressemblent à des mini-knackys, non, déjà, ce ne sont pas des vacances.

Acccoucher…..accoucher ! Mettre au monde son bébé, ce petit trésor …. quelque soit la façon dont cela se passe, et dans la façon la plus normale, c'est une véritable épreuve sportive, un marathon !
Et généralement, on n'est beaucoup moins préparé qu'un sportif pour son marathon…. (on a même pas le droit de boire pendant toutes ces heures, alors c'est pour dire…)
Un accouchement n'est pas oublié le lendemain. Notre corps peut porter de lourdes traces du passage denotreenfant. Voie haute, voie basse, mêmecombat. Cicatrice entre les jambes ou au-dessus du pubis, fatigue intense, sensation de "vide" mais ventre encore gonflé, contractions de l'utérus qui se rétracte, tout notre corps est bouleversé.

Et nous aussi.


Mille hormones se sont mises en branle, dirigent nos gestes, influencent nos pensées, nos envies.
Nous avons vécu un bouleversement dont on se souviendra toute notre vie, mais en plus, un petit bébé sans défenses est sorti de nous. Il est là, à côté, et sa survie dépend de nous.
Si l'on ne le nourrit pas, il mourra. Si on ne le porte pas, il sentira un manque. Le manque de ce toucher utérin, de ce contact qui l'a rassuré 9 mois durant.
Ce bébé va pleurer. Un peu, beaucoup, intensivement, insupportablement peut-être !
Et on devra faire avec.


Maigre congé maternité : 10 semaines après l'accouchement, dans la théorie. Il y a souvent moyen d'obtenir une petite rallonge, mais la théorie et la réalité sont bien là : 10 semaines seulement pour "se remettre". Ce congé post-natal est également plus long si vous avez déjà eu 2 enfants.

Se remettre de cette naissance, apprivoiser ce nouveau corps et aussi..Et surtout...faire connaissance avec SON bébé. Ce bébé-là pas et plus celui des revues que l'on a peut-être beaucoup lues dans les salles d'attente de la SF ou l'obstétricien.

Alors voilà, jour après jour, nuit après nuit, plus ou moins aidée, secondée, remplacée (le rêve) par son conjoint, on va changer mille couches, se réveiller quand bébé pleurera, à n'importe quelle heure de la nuit, se réveiller beaucoup, souvent (la question des nuits de bébé est LE sujet le plus abordé dans n'importe quelle conversation entre mamans. Faites le test si vous ne me croyez pas…

J'organise des cafés papote et rencontre des (groupes de) mamans depuis plus de 6 ans alors vous pouvez me croire sur parole). Dormir quand on pourra. Pour ça, on a plus ou moins de chances. Pour avoir en atelier généralement 3 familles à la fois, je dirais que statistiquement, il y a un bébé dormeur (oui vous savez celui qui dort 12h d'affilée la nuit depuis l'âge d'un ou deux mois) pour au moins 3 bébés qui dorment mal. Et c'est normal.

Etre en congé maternité, c'est s'occuper d'un bébé.

Tant mieux si l'on peut se dégager rapidement un petit créneau pour soi : balade, lecture, sortie avec une copine, institut de beauté ou film au cinéma. Tant mieux si l'on a de l'aide, je souhaite que vous ayez de l'aide, un relais, une grand-mère, un frère, une grande (ou petite) sœur. Pour n'avoir jamais eu aucune famille près de nous et avoir dû assumer tout toute seule, je ne peux que vous souhaiter d'avoir un relai.
Mais ce n'est pas non plus la généralité. LOIN DE Là.

Etre en congé maternité, c'est devoir s'occuper 24h/24h d'un petit bébé qu'on ne connaît pas encore bien. Qui est parfois une graaaande énigme. 

Qui a parfois faim tout le temps.
C'est devoir l'allaiter à volonté, en mouillant parfois les draps, les t-shirts tellement le lait abonde et sort dès que bébé émet le premier son. Souvent vite se convaincre que l'on n'a pas assez de lait !
C'est devoir préparer des biberons, en laver plein la journée, préparer les doses, gérer la logistique du remplissage -lavage-séchage - stockage (et achat). Bien penser à ne jamais manquer de boîte de lait !

C'est faire les courses avec bébé si personne d'autre ne peut s'en charger.

 Faire les courses même si l'on a envie de dormir, même si l'on a les yeux au milieu de la figure car bébé s'est -encore- réveillé 3 fois et a terminé Notre nuit à 5h du matin. Et dès que vous le mettez dans la voiture, bien sûr il s'endort instantanément. Bébé serait mieux ailleurs qu'au supermarché, et nous aussi. Mais on n'a pas forcément le choix, encore moins si d'autres enfants occupent déjà la maison.


Etre en congé maternité, c'est penser chaque jour et chaque instant à bébé avant de penser à soi. 

C'est avoir des visites lorsque parfois on voudrait juste être seule et profiter que bébé dort pour dormir aussi. C'est profiter, si l'on a de la chance, de la présence de son mari qui bénéficie d'un ridicule formidable congé paternité de 11 jours. Papa sera là pour faire un max' de taches ménagères et soulager maman, ou bien il profitera lui aussi de bébé, faire connaissance avec lui, lui faire des câlins, le sortir, le faire rire. Cruel dilemme..
Et puis c'est activités et taches multipliées par deux ou trois si l'on a déjà d'autres enfants ! Parfois, lorsqu'un petit est encore jeune, pas encore scolarisé, on le met même un peu moins à la crèche par exemple, pour qu'il profite plus de nous (et inversement). Mais cela nous fatigue. Mais si on le met autant ou + à la crèche, on a tendance à culpabiliser. Dilemme, encore...

Etre en congé maternité c'est entendre beaucoup pleurer.

 Et notre cerveau, notre instinct et les pleurs de bébés sont faits pour que l'on y réponde. Pour être insupportables et susciter en nous une réaction, impérieuse, indispensable, spontanée. Aaah les pleurs de bébé. On en écrit des livres entiers. On en parle entre mamans, à chaque fois que l'on se rencontre.
En ateliers massage bébé, je consacre une séance entière aux pleurs de bébé, et je peux vous dire que les parents ont toujours plein de choses à dire. Parfois même, ils pleurent aussi. Les pleurs nous font réagir mais les pleurs peuvent nous user. Et puis nous sommes nous, toutes les mères, les parents, partagés entre ceux qui pensent qu'il faut laisser pleurer, ne pas devenir "esclave", et ceux qui pensent (comme moi) que les pleurs de bébé sont l'expression d'un besoin et qu'il convient d'y répondre au plus vite, que bébé pleurera moins et moins longtemps. Et que même s'il pleure, au moins il ne sera pas seul, délaissé.

Etre en congé maternité , ce sont 10 semaines de RV médicaux, pour lui, et un peu pour nous.

 De multiples RdV imposés (examens à 16 jours puis chaque mois, visite post-accouchement à 6 semaines pour maman). L'ostéopathe, souvent. C'est souvent avoir le corps tout tordu, le bassin pas bien en place, et pas le temps d'y aller. Délais d'attente pour un RDV, et toujours, toujours cette tendance maternelle salvatrice pour bébé mais délétère pour maman : faire passer son bébé avant soi.

Ces 10 semaines de congé maternité passent généralement comme l'éclair, alors même que nos journées sont extrêmement remplies et que l'on n'a pas le temps de souffler.

Un congé maternité, c'est souvent une douche prise à 17h, ou n'importe quelle heure, ou quand papa rentre enfin pour prendre le relai.
C'est faire du ménage quand on voudrait et devrait dormir.
Se noyer dans le linge et vouloir que tout soit bien blanc, bien propre, bien repassé, car la layette, les premiers bodys, les petits pyjamas, tout cela passe si vite et ne reviendra jamais, on veut immortaliser ces petits bouts qui épousent les formes de notre cher bébé.

C'est caser ses séances de rééducation du périnée, avec bébé bien évidemment (en portant un cosy bien lourd sous le bras bien sûr). Dire non à des séances de bien-être, ailleurs, à cause de ces séances car une fois le travail repris, c'est bien trop compliqué à gérer. 


C'est pour de plus en plus de mamans trouver enfin quand même le temps de caser un atelier de portage parce que l'on sait que cela nous donnera 2 bras de +...et ça je m'en réjouis ! (je vous incite même à venir en fin de grossesse comme ça vous ne perdez pas un jour)

Un congé maternité, c'est vouloir tout caser et vouloir assurer.  

Et même si on cherche à ne pas sentir tout ce poids, la société l'attend de nous. Vite, optimiser ce congé maternité ! Accoucher et vite se remettre.
Et deux petits mois et demi, pour la majorité des mamans, c'est court. Bien trop court. Alors il faut l'optimiser...Et vite revenir au travail, où on nous attend !


Tenter de résoudre des démarches administratives, bancaires, que l'on n'a pas pu caser lorsque l'on était dans notre période "baleine".


C'est, à l'approche des derniers jours, des deux dernières semaines, souvent des larmes, le cœur serré : "je n'ai pas envie de retourner travailler. J'ai mal, j'ai peur, comment cela va se passer ? Je n'ai pas envie de me séparer de mon bébé. Comment va-t-il vivre la séparation ? et moi ??"
C'est beaucoup de paires d'yeux humides que je vois et de chagrins rentrés. De fatalité.
De conseils donnés aux autres, celles qui viennent juste d'accoucher :
"profite-en, ça passe très vite ce congé, trop vite. Va à l'essentiel, profite de ton bébé"

Etre en congé maternité, c'est être seule avec lui, avec eux (des jumeaux, ou des aînés). 

C'est tout gérer, ou à peu près tout. C'est la charge mentale parce qu'on est celle qui reste à la maison. Femme super active, working mum pressée de retourner au bureau ou maman qui rêve de prolonger par un congé parental, ces 10 semaines restent les mêmes : être maman et s'occuper d'à peu près tout. S'en occuper en ayant une fatigue qui s'accumule, une liste de choses à faire jamais vide, une charge mentale au taquet.

C'est aussi l'inquiétude sur la croissance de son bébé. Grossit-il assez, grandit-il correctement ? Boit-il tout son compte, manque-t-il de lait ? Je ne parlerai même pas des problèmes d'allergie, de reflux ou autre qui peuvent conduire à devoir changer x fois de lait après avoir vu bébé se tordre de douleur ou vomir son biberon aussitôt ingurgité.
L'inquiétude sur tout ce qui concerne bébé : son sommeil, ses rots, sa peau, son rythme, ses phases actives, son éveil, sa stimulation, son repos, ...Etc etc. C'est bien connu que du jour où vous devenez parent, vous ne vous endormez plus jamais complètement serein. 

J'ai entendu des hommes dire que leur collègue femme, revenant de congé maternité, revenait de "vacances".
J'ai entendu aussi souvent des employés se plaindre de ce que l'absence due au congé maternité engendrait comme dérangement dans l'organisation du service et le faire savoir à ladite maman.


C'est un peu comme la vanne ou la pensée commune que les profs ne fichent rien et ne travaillent que 15h par semaine, mais en pire. En pire, parce qu'il y a une fatigue incommensurable et un sentiment de solitude parfois pregnant, envahissant; Des mamans qui tombent dans la dépression post-partum. Des mamans démunies.

Des mamans qui vont bien mais qui n'en peuvent tout simplement plus car elles voudraient dormir la nuit et cesser d'entendre bébé pleurer.

Il ne faut pas se leurrer, il faut arrêter de dire des âneries, des mesquineries ou remarques sexistes : revenir de congé maternité, c'est souvent difficile, c'est souvent avec une grande fatigue et une certaine fragilité (anxieté, séparation, stress par rapport à la reprise du travail etc). Une maman qui revient de congé maternité est rarement en mode "Wonder woman" !

Alors non, non et non, un congé maternité ce n'est pas 16 semaines de vacances gratos. C'est un bouleversement à jamais. C'est sentir et savoir que tout repose sur nos épaules de maman.. C'est penser à son bébé, tout le temps. Et à ses autres enfants, si on en a déjà.


Et gérer, du coup, ces mentalités arriérées  à notre retour au travail, faire face aux remarques bien lourdes, sentir la fatigue (et parfois le déchirement de la séparation) et avoir en face de soi des collègues qui pensent qu'on se l'est coulée douce….c'est éprouvant. Bien lourd, aussi. Désespérant ou très énervant, parfois.


Je ne vous raconte même pas ce qui se dit si vous avez pris un congé parental (vous avez de la chance si vous avez encore un bureau et pas un placard …. !)
Et/ou si vous annoncez que vous allez tirer votre lait chaque jour et que vous avez besoin d'un espace approprié.

Blindez-vous !


Mais n'oubliez jamais : 

Vous êtes les plus fortes , les mamans !


ps : je trouve le congé maternité français d'une  durée plus que ridicule, ne parlons pas du congé paternité...

suivez-moi sur facebook












lundi 4 juin 2018

"Praliné  ! c'est écrit "praliné", papa !" s'exclame-t-elle, fière et joyeuse.


On a tourné la tête. Occupés qu'on était à s'attabler tandis que Papa Clyde portait miss Koala en porte-"bébé" P4 preschool le temps qu'il restait pour finir de cuire notre plat du dimanche. 
On a tourné la tête, ne sachant où regarder. Ne sachant pas de quoi elle parlait. D'autant qu'elle parlait à son papa !
Et elle lui a dit "là, papa en haut, regarde", et elle lui a tiré sur les cheveux pour lui faire lever la tête (oui c'est cet effet que produit sur vous votre enfant lorsque vous le portez sur votre dos et qu'il décide d'exercer des tests capillaires) : elle a alors pointé de son index une boite de chocolats, échouée, oubliée là depuis...hum, déjà le Noel d'avant. Je déteste le gâchis, mais j'avoue que je déteste aussi nettoyer le dessus de mes placards de cuisine.

portage p4 preschool ling ling d'amour préformé montessori


Elle l'a bien repérée, cette boîte, plus près qu'elle n'était que d'ordinaire de ces hauts de placard, et elle a lu.


Ca fait un moment qu'on la voit lire pas mal de choses mais là, j'avoue qu'elle nous a surpris. Je ne saurais pas dire pourquoi, tant c'est déjà épatant en tant que tel de voir son enfant de moins de 5 ans lire !


Voyant qu'il y avait un autre mot dessus, elle a alors appliqué sa méthode favorite, celle qu'elle aime et qui est si facile, si plaisante, si logique qu'elle aime le faire tous les jours, comme ça, juste pour le plaisir (et uniquement pour le plaisir) : écouter les sons que produisent les lettres.


Car c'est bien cela, la grande joie de la situation, c'est que Miss Koala apprend à lire toute seule sans être scolarisée.
Aaaaah on en entend, des choses, on en a entendu, surtout, lorsqu'on a décidé , la première année (de maternelle) de ne pas l'inscrire en PS. Beaucoup de choses entendues...Et tous ceux qu'on n'a pas entendu, occupés qu'ils étaient (sont ?) à parler derrière notre dos en ne comprenant toujours pas cette décision à contre-courant (mais pourquoi s'entêtent-ils ?? ils ne savent pas ce qu'ils lui font louper)
Et bien si, on le sait bien, et c'est très bien ainsi. L'IEF, comprenez "instruction en famille", ou encore "école à la maison", "unschooling", cette aventure magique.


On sait surtout ce qu'on lui apporte, à notre miss à bouclettes de presque 5 ans qui sait déjà pas mal lire : la spontanéité. La liberté. La confiance. la joie d'apprendre. le plaisir. L'école de la vie !



Miss bouclettes n'aime pas écrire, mais elle adore lire. Comme son frère, comme sa sœur, quand ils étaient encore plus jeunes qu'elles. Vous pensez que c'est à cause de nous ? ou grâce à nous ? qu'on lui apprend ? qu'on a des bouquins de méthodes cachés dans nos tiroirs, qu'on s'en défend mais que c'est bien nous qui lui apprenons, car un enfant ne peut pas apprendre à lire seul ?
Et bien Si, il peut, et il peut même très jeune, et très bien !
Car apprendre à lire, c'est d'abord apprendre à entendre, écouter. Miss Koala écoute les sons. Le son des lettres. Pas le nom qu'on leur donne hein. Bien le son qu'elles produisent.


Je le savais, tout ça, mais justement, comme je ne voulais pas "faire l'école de façon formelle" à ma poupette, j'avais remisé cette notion très juste (mais pas appliquée à l'école) loin loin quelque part.
Mais elle est revenue au premier plan l'été dernier, lorsque j'ai lu le fameux livre de Céline Alvarez.
Depuis ce jour, les B sont devenus des "be" (sans insister sur le "e", les D des "dd", etc etc.
Si vous appelez les consonnes par un nom, alors l'enfant ne pourra pas voir la liaison avec les voyelles, et comment se prononcent les mots.
Toutes les consonnes sont juste des sons et n'ont pas de nom, ce qui a permis très très vite à miss bouclettes de commencer à dire à voix haute "pe i a ne o - piano !", sans même avoir de support écrit, d'ailleurs.

Montessori est officiellement entrée dans nos vies.

Les débuts de la lecture étaient là.  Forte de sa période sensible, miss bouclettes a vite évolué.

Miss koala apprend toute seule, dans la JOIE. Ses supports ? Tous les objets de la vie. Brique de jus de fruits, machine à laver, livre (un des siens), revue, emballages, boîtes .. tout y passe.
Même quand elle n'a rien sous les yeux, je l'entends parler en décortiquant les lettres. Elle a tout pigé, ma puce.

Pour ce qu'elle aime moins, l'écriture, je lui fais parfois (mais pas assez) travailler son geste graphique en lui faisant tracer de grandes lettres (notamment les boucles) dans un bac de semoule . ça l'amuse ! Et moi ça me rassure.
Mais je me remémore qu'un enfant apprend naturellement à lire avant de parvenir à écrire, le geste graphique étant..extrêmement compliqué, en fait !

Pour toutes ces notions, pour mieux comprendre ce que j'explique si mal, référez-vous au livre de Céline Alvarez, ou tout simplement à la méthode Montessori.
C'est tellement logique, tellement EVIDENT ! Et tellement facile, du coup.

Bref, notre poupée est heureuse, et nous aussi. Elle apprend énooormément de choses depuis qu'elle est...née (?). Toute seule, en observant, en déduisant. Convaincue des vertus et de la force des "apprentissages autonomes", je n'ai pas voulu lui faire "l'école à la maison", me transformer en maîtresse. je n'en ai ni les capacités, ni l'envie, ni le temps. Et en fait, il n'y a pas besoin.

voilà, je vous reparlerai de cette fameuse IEF toujours plus mise à mal (au fait, ce n'est pas "l'école" qui va devenir obligatoire à 3 ans mais bien "l'instruction") et qui nous fait, à nous, tellement de bien.

Ma Poupée sait lire depuis le début de l'année, quelques mois avant 5 ans, et elle adore ça.

ps : cette anecdote a été écrite début 2018 et est publiée en juin, entre les deux miss Bouclettes n'a fait que progresser et nous émerveiller, elle a compris les lettres muettes, les "des", les sons complexes, je vais lui afficher quelques digrammes plus évolués au mur (oin, gne etc) mais elle se dépatouille toute seule. Et s'éclate ! C'est ça, qui compte le plus !
Ce n'est pas lire pour lire, encore moinspour nous faire plaisir, mais lire pour comprendre le monde, pour se sentir acteur, pour se sentir fier(e) !

Merci, Montessori !


Et merci la non-sco, car cela n'aurait jamais été possible sinon.