samedi 22 septembre 2018

Revue Grandir Autrement n°72 - accompagner la scolarité de son enfant


J'ai reçu il y a déjà bien 10 jours le dernier numéro de Grandir Autrement (num. 72 - septembre/octobre 2018).
Ma charge de travail et mes multiples occupations de maman ne m'ont pas permis de le lire encore beaucoup (quelle frustration!!)
grandir autrement revue parents nature école scolarisation accompagnement


Je vous envoie néanmoins le sommaire, tel quel (encore passionnant !)


Grandir au quotidien
Lire et grandir : Sélection de la rédaction
Des lectures qui inspirent notre maternage :
Parents-enfants, grandir ensemble, Shefali Tsabary

Naître parents
Naissance : Marie, photographe de naissance
Pas toujours facile d'être parents : Materner un enfant malade

S'attacher pour grandir : Les Akas, peuple des meilleurs pères du monde ?

Dossier :
Accompagner son enfant scolarisé  
L'école ou le poids de l'institution
L'école, vecteur de socialisation
Donner du sens aux apprentissages et créer du lien
Les relations parents-professeurs
Les notes : quels effets sur les enfants ?
Étiquettes : s'en libérer pour être soi-même
La question des devoirs : vers une autonomie des enfants
Préserver le temps libre après l'école
La respiration pour accompagner les enfants
À la rencontre des enseignants
Ces instits qui font des choses atypiques
Quand cela ne va vraiment pas
Éloge du lâcher-prise
Pour aller plus loin
Grandir et s'éveiller
Éducation : Le WWOOFing en famille
Vu par les enfants  : L'école
Chroniques d'une parentalité sans violence : Harcelés et harceleurs
Éducation non-violente en pratique : Dépendance et autonomie : une affaire du quotidien

Grandir ensemble

Grandir sur Terre : Des toilettes sèches à la maison
Grandir sainement : Le Qi et le Jing des aliments
 
Grandir en savourant

Allaitement : Allaiter après une opération
Fines bouches : Je cuisine les restes

Je vous rappelle l'achat au numéro
L'abonnement découverte de 3 mois
L'abonnement annuel
L'achat de numéros au format Pdf
Les Hors-série
Bref, tout un tas de formules pour découvrir cette magnifique revue si inspirante !

Bonne lecture !

dimanche 16 septembre 2018

Résultats du concours Ling ling d'amour /gagner un préformé P4

Bonjour

C'est dimanche et j'ai pu procéder au tirage au sort pour le concours organisé avec Ling Ling d'amour
Vous avez été très nombreux à participer, 320 participations en comptant les chances supplémentaire sur Instagram, merciiiii à vous !


Sans attendre, voici les résultats :




Bravo à

Mickael et Emilie CHARPENTIER

 qui gagnent le superbe porte-bébé préformé P4 de la gamme jacquard de Ling Ling d'amour, en coloris Taïga Purple !


je vous remercie toutes et tous pour votre participation et espère que vous continuerez à suivre ma page J'voudrais juste dire un truc pour tout ce que j'y mets,( pour les porteuses, j'espère que vous connaissez toutes mes rubriques de tests ! Une grande grande majorité des préformés y sont détaillés)

quant à ma page A portée de plume, elle est centrée sur le portage (et mes activités de massage bébé, couches lavables etc) donc devrait en toute logique vous intéresser encore plus !

dimanche 2 septembre 2018

Je ne veux pas que ce soit la rentrée

Je ne veux pas penser à la rentrée

Ca y est c'est demain
Mes 3 trésors sont couchés
Ma mimi Koala est excitée
et un peu inquiète, aussi
Mais contente

Je ne veux pas penser à la rentrée
Non, je veux que ce soit encore l'été
Je suis comme les enfants
Qui veulent que les vacances durent encore, longtemps

boba 4g portage rentrée école maternelle séparation


Je n'ai pas envie de les voir partir
Je n'veux pas lâcher la p'tite main chaude dans la mienne
Je n'ai pas voulu penser à la rentrée
même si on en a parlé toute la journée
Ma poupée stp, laisse ta main dans la mienne

Demain matin je vais t'accompagner, ma belle ma douce,
Dans ce nouvel univers que tu as réclamé
Je vais retrouver le portail que l'on passe
Jusqu'à la porte de la classe
Les porte-manteaux, l'entrée réservée aux enfants
Je vais retrouver le nœud dans le ventre en repartant

Demain matin cela va être si dur
Te lâcher la main, te laisser partir
Vivre ta nouvelle aventure
Je rêve que tu t'amuses et te plaises vraiment
Je rêve que tu sois joyeuse chaque soir en rentrant

J'espère que l'école ne t'abîmera pas
Je voudrais moi aussi rester avec toi

Je déteste les rentrées
Depuis petite, insomnie assurée
Depuis que je suis maman, 
c'est un chagrin, une séparation durs à passer

ça y est c'est demain
Demain que tout commence pour toi
Je t'ai dit ce soir que c'était une nouvelle aventure pour toi et pour nous
Une première fois, et plein de premières fois à venir !

C'est l'inconnu qui t'attend 
On ne sait pas comment ce sera

Tu n'es plus sur mon dos
Mais tu adores être contre moi
ET moi,..oh et moi, si tu savais !
J'aime tellement, tellement t'avoir dans mes bras

Je vais retrouver la réunion de rentrée, le spectacle de Noel, les collages, les classeurs avec des exercices, les histoires lues en classe, le grand sac en plastique des vacances, tous les papiers à remplir, la kermesse, la sueur sur ton front les soirs d'été, le réveil le matin, le bus chaque jour, 
ta petite main qui lâchera la mienne, nos regards qui se croiseront et resteront connectés un long instant

Nous vivrons la séparation
Mais aussi l'envie de profiter de ces nouvelles journées
Différentes
Tellement différentes

Je ne veux pas penser à la rentrée
C'est demain...c'est presque là

Et je réalise que je ne réalise absolument pas







jeudi 30 août 2018

Gagnez un porte-bébé P4 de Ling Ling d'Amour !

C'est (presque) la rentrée !

Ce sont aussi tout bientôt les 4 ans de mon blog, oui déjà !
Et je ne pouvais pas trouver mieux, pour célébrer cet anniversaire fort en symboles, que de m'associer à Ling Ling d'amour, qui a été la toute première marque à me faire confiance et avec qui

j'avais organisé mon tout premier concours !

Ling Ling d'amour et J'voudrais juste dire un truc se réunissent aujourd'hui pour vous offrir un 


préformé P4 standard coloris Taïga




Le P4 taille standard ou classique a été conçu en 2016 et convient de 3/4 mois à 3 ans, Je l'avais testé à sa sortie, voici tous les détails sur mon test complet C'est un porte-bébé super confortable, très pratique à installer. Il n'y a pas 36 réglages, vous enfilez les bretelles, vous serrez, et c'est bon !
Le P4 permet de porter sur le devant et sur le dos. 
Ce que je préfère est, je crois, hormis son prix bien sûr, son tissu d'écharpe qui offre
  • souplesse
  • légèreté (aération)
  • confort (poids)
Pour ceux qui l'ignorent, Ling Ling d'amour est allé encore plus loin en sortant le même préformé :

  • taille bébé (babysize), convenant dès la naissance
  • et taille bambin (preschool), pour les enfants à partir de 90 cm et jusqu'à 5 ans environ


Et il y  a quelques mois, Ling Ling d'amour a planté le clou en sortant son P4 en 3 coloris Jacquard !

C'est justement le P4 coloris Taïga purple que LLA vous propose de gagner !


Pour tenter de gagner ce superbe porte-bébé (je l'ai vu en vrai en atelier, il est encore plus beau qu'en photo), il vous faudra : 


EDIT : le concours est réservé à la France métropolitaine

--> La participation sur mon compte Instagram (@juste1truc) donnera une chance supplémentaire (dans ce cas inscrivez bien sur IG votre pseudo facebook)

Vous le savez, je possède tous les moyens de portage de la marque Ling Ling d'Amour (tests ici) car ce sont les produits les plus abordables et de confection très soigneuse.

Ling Ling d'amour conçoit des produits, malins, aboutis, simples à utiliser. Elodie veille à ce que tout soit pensé de façon à obtenir le meilleur produit au tarif le plus adéquat. Elodie voulait "démocratiser le portage" et elle y est parfaitement parvenue : la marque est très connue, et nous aimons beaucoup les tarifs plus accessibles que les autres.
Cela donne une gamme de porte-bébés aux tarifs inférieurs à la concurrence tout en étant très robustes et de qualité :
  • coton bio (label GOTS)
  • accessoires malins (sac pouch par exemple)
  • préformé  P4 simple à régler
  • réglages des dossiers (mei-tai, préformé) en un clin d'œil grâce aux cordons et stop-cordons ou boucle
  • tissu d'écharpe, doux, léger
Je vous laisse lire en détails tous les tests que j'ai faits, en particulier celui du préformé P4 puisque c'est celui que nous vous proposons en lot aujourd'hui !



Je vous souhaite bonne chance à tous et partagez sans compter ce concours ! ;-)

Rv sur ma page " A portée de plume " dédiée au portage pour plein d'infos et de photos sur ce sujet qui me passionne et fait ma vie !




vendredi 24 août 2018

Mon fils entre au lycée

Vacances d'été. Mon Grnd Fiston a terminé la 3ème, passé son brevet...terminé le collège.
Fin d'une époque….c'est passé si vite ! Je n'aurais jamais cru que l'on puisse ressentir cela, tant l'année de 6ème a été éprouvante, cauchemardesque…
Je n'aurais jamais cru être si vite à ce jour où il quitterait le petit monde du collège, s'habillerait sur son 31 pour se rendre au Bal de Promo organisé pour l'occasion, répéterait à son père quelles langues il allait pratiquer au lycée.
La visite du lycée a été faite fin mai début juin, je ne me souviens plus de la date mais bien plus de mes sentiments très ambivalents, et de la mélancolie qui m'habitait…. et loin, très loin derrière, la fierté.

Soosh adolescent écran ordi maman solitude garçon relation
Soosh illustratrice qui m'émeut toujours

Fierté et mélancolie d'un petit garçon qui n'en est plus un mais n'est pas encore un homme.
Les choses sont encore plus difficiles pour moi sa maman que mon "petit garçon" n'a QUE 13 ans et demi. 13 ans et demi et il passe déjà en 2nde, car il a sauté une classe ET est de fin d'année. Il a donc, avec certains, deux ans de différence.
Deux ans avec lesquels on conjugue depuis son saut de classe et qui nous obligent à toujours être assis entre deux chaises: d'un côté l'âge réel de notre enfant, de l'autre l'âge dans lequel il évolue, l'âge de ses copains, ses fréquentations…

D'ailleurs ce soir on se demandait : notre fils est-il un ado en plein dedans, ou juste un ado à ses débuts ? 13 ans et demi c'est tellement jeune finalement…Ce pourrait être presque être un élève qui rentre en 4ème. A 2 mois près.

Souvenez-vous, rappelez-vous toujours combien le temps passe vite, c'est ce qu'on nous dit le plus lorsque nos enfants sont petits, mais c'est tellement, tellement vrai. Savourez chaque petite main qui attrape la vôtre, chaque câlin contre vos jambes, chaque éclat de rire, chaque "maman, regarde !". Savourez les baisers qui collent, les intrusions dans le lit, les "maman, raconte moi une histoire", les hu hu dada sur les genoux, les moments de portage, les bisous mouillés, les tétées, les rires, les câlins à l'infini. 

Savourez sans compter, sans refuser, sans différer, savourez car un jour c'est vous qui réclamerez en silence que votre enfant se jette dans vos bras pour vous rappeler qu'il vous aime.


Cette illustration de Soosh m'a touchée tout de suite, beaucoup émue, parlé. C'est un ado plongé dans son ordi, qui tourne le dos à sa mère, qui tourne le dos à la famille, accaparé qu'il est par son écran, ses potes , ses jeux et ses activités. La vie de famille est devenue secondaire, et les câlins de sa maman, je ne vous en parle même pas.

Soosh sait mettre en dessins ce que l'on peut ressentir de si fort, nous parents. Vous connaissez sans doute toutes et tous la série consacrée au papa de la petite fille...Un gros papa costaud qui partage absolument tout du quotiien de sa petite fille si fragile et petite en comparaison. Un papa adorable, des images superbes, drôles, émouvantes...Soosh sait viser juste. Trouver les bons mots par des coups de crayon et d'aquarelle.

J'ai de la chance, notre fils n'a pas d'ordinateur dans sa chambre (et ce n'est pas demain la veille), et j'ai encore plus de chance : il me prend parfois dans ses bras. Mais ses câlins d'enfance où il se jetait sur moi et se collait à moi ont disparu et c'est la vie normale, et lorsqu'il est sur l'ordi du salon plus rien n'existe non plus (même si le temps et les activités y sont contrôlés). Il râle aussi souvent et conteste facilement, rien de méchant mais rien de marrant non plus. Adolescence normale d'un enfant qui doit s'écarter de nous pour trouver sa propre voie.

Où es tu donc passé, mon petit bébé ?


Je trouve cette illustration magnifique et tellement juste de ce que l'on ressent, nous les mamans.
Mimi Koala l'a vue et m'a tout de suite décrit parfaitement ce que cela signifiait. Elle a trouvé les sensations exactes….et j'ai ressenti un peu de chagrin

Oui aujourd'hui et tout l'été, je suis fière...et mélancolique aussi :

Mon bébé rentre au lycée

Je ne suis pas prête, deux mois ne m'ont pas suffi, la vie ne me suffira jamais. Aimer son bébé et le regarder grandir, être fière et tout faire pour qu'il prenne son envol mais vouloir aussi le retenir. C'est toute l'ambivalence du métier de parent. Je ne suis pas prête et c'est sûr, lundi 3 septembre je vais beaucoup pleurer.

Mon bébé rentre au lycée...

Laissez moi encore quelques jours, quelques semaines, quelques mois, quelques années, le temps que je m'habitue, laissez-moi réaliser, c'est allé trop vite, je ne suis pas prête. 
Remettez-le dans la cour de récré de l'école primaire, son petit cartable sur le dos et son regard qui disait "je t'aime maman, j'ai hâte d'être à ce soir".

Rendez-moi tout ça, promis je savourerai encore plus que je ne l'ai fait.




mercredi 22 août 2018

La charge mentale...et si vous ne la laissiez pas gagner ?


La "charge mentale".... 

Tout le monde connaît ce terme maintenant, cela a fait les titres de tous les magasines au printemps (mention spéciale à la revue Cerveau & Psycho" qui en a fait un dossier dans son numéro de mars 2018, si vous avez l'occasion de le trouver, je le vous conseille vraiment).

Je ne vais pas en parler, je ne vais pas la décrire, je ne vais même presque pas parler de moi :-P

J'ai simplement envie aujourd'hui de vous la faire voir différemment. 
Ne pas lire un article de plus, mais savoir comment faire avec, au mieux ?
Une façon de lutter contre elle tout en ne se battant pas

Il ne s'agit pas de ne plus rien faire : ce n'est plus possible
Mais il ne s'agit pas de tout faire : ce n'est pas possible non plus

Comme le dit si bien Christophe André, 
" même sans jamais dormir, même sans manger, tu ne pourrais pas faire tout ce qu'il y a à faire "car il y a toujours des choses à faire.

Alors je vous propose simplement d'écouter cette courte vidéo où Christophe André, spécialiste de la psychologie positive, et conteur de méditation de talent (c'est mon préféré, je vous conseille ses magnifiques méditations guidées sur internet) vous propose une autre approche de la charge mentale.
On sort des magasines féminins
On sort des revendications féministes (justifiées !)
On sort des débats
On sort de tout ce que vous avez pu lire ou voir à ce sujet

La vidéo est courte, et la méthode toute simple, vous verrez.
Vous pourrez retourner à votre to-do-list rapidement, mais j'espère qu'ensuite vous verrez les choses différemment.


Je dois vous avouer que depuis que je fais de la méditation, tous les jours, tous les matins et parfois à d'autres moments de la journée, (depuis le milieu du printemps), je vois les choses différemment, je pense les choses différemment, je fais les choses différemment. Ma vie a changé (pour d'autres raisons aussi) mais la méditation m'aide beaucoup, m'a ré-appris à prendre le temps.

Si vous n'avez pas envie de commencer à méditer, si ce n'est pas "votre truc" rassurez-vous vous n'êtes ps obligé.e. 
Christophe André vous propose un petit truc tout simple qui vous aidera à y voir plus clair, faire et vivre.
(mais au passage, c'est la base de la méditation, tralalalalère…)

Et puis, il n'a pas un accent charmant et dépaysant, ce célèbre docteur ? ;-)

Allez hop, on souffle, et on prend soin de soi !


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mercredi 15 août 2018

Quand nous décidons finalement d'inscrire mimi Koala à l'école maternelle..

Il faut que j'en parle

Je vous avais raconté, il y a quelques semaines, l'IEF et en particulier les apprentissages autonomes dont miss Koala avait profité pendant plus de deux ans, toute cette façon d'apprendre au fil de la vie, du quotidien, des manipulations….
Et puis ma lecture il y a un an du livre de Céline Alvarez, et la façon complètement logique, que j'avais apprise puis totalement oubliée, d'écouter les sons pour apprendre à lire..
Je vous ai donc raconté comment miss Koala a appris à lire, toute seule, avec les sons, et les digrammes qu'elle a appris/apprend toujours plus.






Il s'est passé quelque chose peu après….quelque chose que je ne vous ai pas dit


D'abord, parce que c'était trop en contradiction
Ensuite, parce que c'est arrivé brutalement
Enfin, parce qu'il fallait qu'on s'occupe de tout organiser
Enfin (encore) parce qu'il fallait que je digère, que j'accepte, que je m'y fasse...et en plein mois d'août, je suis toujours dans ce processus

Mimi koala, on ne l'avait pas inscrite en PS de maternelle à l'école publique car nous avions prévu de l'inscrire au jardin d'enfants de l'école Steiner. Mais de grosses tuiles nous sont tombées dessus pile au moment où l'on prévoyait de l'inscrire et de s'engager, et on a dû...différer;
La situation (financière pour ne pas la nommer) ne s'est pas arrangée et le report s'est prolongé.
Finalement, cela ne nous dérangeait qu'à moitié, car avoir notre petite puce à la maison était un régal de tous les jours.
Se réveiller tous les matins près d'elle (ou plutôt elle près de nous : elle venait nous rejoindre dans le lit après que sa sœur et son frère soient partis à l'école/collège), la voir apprendre toute seule plein de choses.
Faire des activités, des promenades, des jeux, discuter, beaucoup, discuter tout le temps, en fait. Observer : la nature, la cuisine, les appareils électro-ménagers, papa bricoler, 
S'occuper des poules, des poissons, des cailles, du compost, du jardin. Etre enthousiaste et volontaire pour TOUT.
Tout un tas de choses encore, tout un univers, une façon d'être qui pendant 3 ans, nous a émerveillés.

Il y a pourtant un moment où le charme s'est rompu pour mimi Koala, car presque à la fin de l'année scolaire, elle nous a demandé avec beaucoup de fermeté

de l'inscrire à l'école maternelle

On a commencé à discuter avec elle, je me souviens que j'étais occupée dans la chambre (et un peu coincée aussi, il faut l'avouer), et papa Clyde dans le salon. Elle a alors commencé à faire la navette entre nous deux pour nous expliquer qu'elle voulait aller à l'école. Elle s'est vite mise à pleurer, car son papa "n'était pas chaud".
Il faut dire que cela nous tombait vraiment dessus, pour nous la vie suivait son cours, et nous pensions l'inscrire à l'école pour le CP, si tout allait bien.
Mais c'est vrai que - sans rentrer dans les détails - nous avons eu une année très difficile, en particulier le printemps, où je n'ai plus été disponible du tout pour ma petite princesse. Elle m'a vue absente, elle m'a vue affaiblie, elle a vu un papa se transformer en homme au foyer superman à 4 mains et aidant/soignant de sa femme malade, elle a dû quitter en précipitation la maison pour aller dormir chez des personnes et copines qu'elle connaissait mais chez qui elle n'avait jamais été seule parce que j'étais hospitalisée en catastrophe….

Elle a dû, du jour au lendemain, arrêter les activités avec les autres enfants et parents et amis car nous n'étions plus en mesure de l'amener
Elle a commencé, avec les beaux jours, à voir les copines dehors à l'aire de jeux, copines qu'elle ne voit jamais autrement car elles vont à l'école et pas elle

Et puis peut-être qu'elle a grandi, tout simplement, et a senti qu'elle était prête à sauter dans le grand bain, à vivre des choses sans maman ou papa à côté, à se séparer pour quelques heures.
Peut-être aussi que le désir d'apprendre, son appétit insatiable et si facilement comblé à la maison a été plus fort que la peur, que l'inconnu.

Peut-être que jouer si souvent à l'école avec son frère sa sœur et son papa avec de vrais cahiers, des exercices, des matières, une maîtresse vraie peau de vache lui a donner envie de voir une maîtresse pour de vrai, d'être dans une classe pour de vrai, de voir ses copines ailleurs qu'aux fêtes du village.
Elle a pleuré et insisté pour aller en classe, pleuré car elle croyait qu'on refuserait.

Puis lorsqu'on lui a dit que bien sûr, on allait l'inscrire pour la rentrée si tel était son désir et si elle se sentait bien prête, elle a pleuré, très chaudement, car elle croyait qu'elle pouvait aller à l'école dès le lendemain matin et ne comprenait pas que c'était impossible et qu'elle allait devoir attendre...presque 3 mois (on était début juin).

On lui a alors expliqué toutes les démarches. Elle s'est mise à se réveiller chaque matin en regardant sa roue de la semaine pour nous dire les jours qui la séparaient du passage en mairie pour faire les papiers, elle y est allée la tête haute, fière comme un paon. Elle était avec son père seulement et m'a tout raconté en rentrant.

elle y était avant nous..
Puis quelques jours après on avait RdV à l'école pour finaliser l'inscription. On a eu un entretien plus qu'officiel dans le bureau de la directrice, qui allait être sa maîtresse, et que mimi Koala connaissait déjà même si "elle ne se souvenait plus trop bien d'elle" (maîtresse de sa grande sœur avant sa naissance, que l'on voyait à chaque évènement dans l'école).
IEF école maison maternelle GS apprendre
On a eu une chance folle, on était dans l'école juste au moment de la récréation. Cela nous a laissé tout le loisir (la chance ! ) de visiter les lieux, la classe (grand moment), les bureaux.

 Maîtresse lui a expliqué un tas de choses et l'ATSEM aussi, tout tendrement : comment les tables seraient disposées (tout allait changer), que tous les dessins au mur allaient disparaitre mais allaient être re-remplis au fur et à mesure de l'année, la présence du TBI (mimi koala n'a pas retenu).


Maîtresse lui a montré la cantine et expliqué la collation du matin et les responsabilités des enfants (comptage des verres, préparer la collation - j'ai trouvé ça extra, niveau autonomie et niveau mathématiques). Elle a découvert, émerveillée, le lavabo collectif
 tout rond !

IEF école maison maternelle GS apprendre JE lui ai montré le couloir, les porte-manteaux, chaque crochet personnalisé par et pour un enfant, je lui ai dit qu'elle aurait le sien, elle a vu les casiers, elle a imaginé les bonnets, le blouson, le petit sac à dos….Elle avait le sourire où l'on voit toutes ses dents. J'avais le cœur tout chaud, souvenirs de la GS de ma cadette au même endroit, les jolies décorations d'abeilles au mur…
Je lui ai dit que le matin je l'emmènerai, les premiers temps, afin qu'on s'habitue, elle et moi.

Tout le monde l'a saluée et lui a dit que bientôt elle serait là, elle aussi. Elle a regardé les enfants à la récré. Moi aussi. Je songeais.

J'étais heureuse pour elle, je la voyais si contente. A l'intérieur, dans mon cœur, c'était plus chaotique

Depuis ce jour, son enthousiasme ne s'est pas démenti, elle a très TRES envie d'aller à l'école, elle n'a pas compté les jours jusqu'à aujourd'hui, où ce soir elle m'a dit à table qu'il ne restait que 20 jours avant de rentrer en classe.

Car aujourd'hui nous avons acheté les fournitures scolaires et elle et moi, nous avons rempli son petit sac avec les affaires demandées par la maîtresse.
La petite gomme blanche, et surtout l'ardoise effaçable ont conquis son cœur et son rêve est d'écrire dessus et encore écrire…
Elle a rempli consciencieusement son sac à dos avec les crayons à papier, les feutres, la gomme, mais s'est trouvée un peu dépitée devant la taille des deux boîtes de mouchoirs. Hi hi (ne parlons pas des trois rouleaux d'essuie-tout).

Alors voilà, ma petite puce, ma poupée, ma mimi Koala va entrer à l'école maternelle à la rentrée, en Grande Section, après 2 ans d'"instruction en famille", d"école à la maison", de liberté, d'autonomie, de spontanéité, d'irrégularité totale et assumée…


Je vous avoue clairement ne pas être aussi joyeuse et certainement pas aussi impatiente qu'elle.
Parce que ce n'était pas prévu dans le plan, et que j'ai bien du mal à accepter ce changement de plan.

Je suis sincèrement contente d'avoir accédé à sa demande car je pense que c'est le plus important, et que la garder à la maison contre son gré aurait été délétère et que mon rôle est de l'accompagner dans ses découvertes.
Je ne pense pas du tout que l'école soit un passage obligatoire et j'aurais aimé que l'on puisse continuer tel que l'on faisait, apprendre sans en avoir l'air, apprendre par la vie, apprendre sans cahiers, sans feuilles, apprendre en touchant, en regardant, en manipulant. Les périodes sensibles des enfants sont un concept qui me fascine et m'attire.

Mais c'est une bonne chose qu'elle rentre en GS car je ne pourrais de toute façon plus m'occuper d'elle comme je l'avais fait durant 2 ans. Ma santé ne me donne plus la même disponibilité, je manque d'énergie (quand ce n'est pas que je suis carrément HS), papa Clyde ne sera pas toujours là non plus pour me remplacer et pour l'occuper.
Beaucoup de choses vont (hélas) changer en septembre et elle sera bien, en GS.
En plus, elle va avoir une maîtresse et une ATSEM en qui j'ai une totale confiance, que j'apprécie beaucoup et connais depuis des années, deux professionnelles à l'écoute des enfants et sachant déceler ce qui leur convient et dont ils ont besoin. Je suis vraiment confiante et rassurée quant à l'équipe pédagogique...Là, je suis enthousiaste, vraiment très très contente, comblée !

Mais voilà, on ne refait pas son cœur de maman, on ne change pas comme ça de paradigme, je pensais que l'été me suffirait pour accepter les choses et ce n'est pas le cas...pas complètement en tout cas. L'été a eu son lot de moments difficiles inattendus et n'a pas été aussi calme et paisible que je le pensais.
Ce n'est pas une histoire de séparation. Enfin, si, mais pas au sens où tout le monde se l'imagine.
J'ai du mal à imaginer que ma petite fille va être absente car j'ADORE être avec elle. J'adore sa compagnie, elle ne m'ennuie pas, elle m'amuse, elle m'émerveille, me fait sourire, me rend fière, avec elle personne ne peut s'ennuyer, et oui, je l'avoue, elle va me manquer ! 
Elle va me manquer… On a (presque) toujours été ensemble et cela va être dur d'être sans elle. On se fait tout le temps des câlins et sincèrement je ne suis pas certaine, vu son côté tactile très prononcé, qu'elle parvienne si facilement à rester des heures sans pouvoir me toucher et m'enlacer.
Elle va me manquer car j'aime sa présence, comme celle de mes deux autres enfants. Je suis une maman poule et j'assume ce plaisir de rester avec eux. Il y a (beaucoup) de(s) parents qui cherchent toutes les occasions de caser leurs enfants ailleurs, nous c'est le contraire.

C'est plutôt une histoire de… de concept. On était en instruction libre, c'était la maternelle et on faisait comme on voulait. Quand on est dedans, l'IEF ouvre des tas de portes, d'univers, nous fait rencontrer des gens, d'autres parents, des lieux, d'autres enfants non scolarisés….On avait adopté un autre mode de vie, tout simplement. on avait développé une certaine marginalité. Et c'était sur les rails. Et l'on doit quitter tout ça.

Bien sûr j'ai fait la liste des pour et des contres, des avantages et des inconvénients et il va y avoir plus d'un avantage à ce que notre fille soit scolarisée -et donc absente la journée- tous les jours de la semaine (sauf le mercredi, hi hi, changement de rythme scolaire, youpi !). Je n'en ferai pas la liste ici, vous en imaginez certains, d'autres sont sans doute plus personnels ou en pleine réflexion, ou encore dans le flou..nos prochains mois sont assez inconnus et vagues pour le papa comme pour moi.

C'est arrivé brutalement mais j'espère que tout se passera bien. Tant qu'elle sera contente d'y aller, tant qu'elle aura le sourire, alors oui, tout ira bien et nous serons contents nous aussi.

Un chapitre de sa vie (et de la nôtre) s'achève, un autre va débuter...c'est la vie !









mardi 14 août 2018

La vie est courte...

La vie est courte…. et on ne le sait pas vraiment. On n'en a pas vraiment conscience.
On "sait" tous, de façon intellectualisée, pensée, que tout peut basculer en une fraction de secondes, en quelques semaines ou mois.
Mais rares sont ceux d'entre nous qui vivent vraiment chaque jour "comme si c'était le dernier", il faut l'avouer.

Ce matin, mon mari et les enfants étaient partis chercher quelque chose, dans un village pas très loin. Je ne les avais pas accompagnés car je n'étais pas du tout en forme. 
J'en ai profité pour..ne pas faire grand chose, me reposer, réchauffer mon corps endolori et me préparer à les accueillir, à midi


Ils sont rentrés à13h, tout contents, sauf mimi Koala qui s'est jetée dans mes bras les yeux écarquillés en me confiant :

"maman, on a failli avoir un accident !!"


Je lisais l'inquiétude dans ses yeux bien plus que le soulagement

A-t-elle lu dans les miens toutes les pensées qui m'ont traversée, tout ce qui, rétroactivement, se bousculait dans ma tête, tout ce qui aurait pu être fracassé, en quelques instants ?

Ils étaient sur une petite route de campagne, une route qui relie deux village, moitié bois, moitié champs, une route bombée, avec quelques nids de poule
Ils roulaient tranquillement, à vitesse normale m'ont assuré les enfants, un gros camion arrivait en face. 
Pas facile, déjà, vu l'étroitesse de la route, et aucun accotement.
Soudain, ils ont vu, ils l'ont tous vue, une voiture surgir de derrière le camion, plus précisément une fourgonnette, d'un livreur Chronopost pour ne pas le citer. Un livreur qui sans visibilité particulière, s'est dit qu'il pouvait doubler, qu'il fALLAIT doubler ce camion, qu'il n'avait pas le temps d'attendre, surtout pas la prochaine ligne droite ou la prochaine livraison, tout simplement.
Ils se sont retrouvés face à face, mon mari et lui
Mon mari a klaxonné, fait des appels de phare, et bien sûr...pilé
Ma grande Fille a hurlé
Le  livreur a semble-t-il été surpris -ah ouai ?- et a pilé lui aussi, juste à temps pour pouvoir se rabattre 
(encore heureux qu'iln'ait pas été assez CON pour achever sa manœuvre et doubler complètement !)
Le chauffeur du poids lourd a semble-t-il eu bien peur aussi…

Ma tribu est rentrée à 13h et ils étaient contents de leur sortie mais choqués par leur trajet retour

et moi...moi restée là, je me suis dit que tout aurait pu basculer en une fraction de secondes
Je me suis demandée comment je l'aurais su
et quand
et si tous auraient été morts, si j'aurais eu des enfants encore vivants
si une jolie famille aurait succombé à un terrible accident tandis que le chauffeur s'en sortait, comme c'est le cas souvent (protégé par sa fourgonnette, notamment)
oui c'est triste et morbide mais forcément, j'ai pensé à ça

à un connard qui a estimé que son colis était plus important que la vie de n'importe qui et même la sienne

j'ai dit aux enfants combien la vie était précieuse et comment un accident pouvait arriver sans que l'on en ait la moindre idée le matin en se levant
et même dans la voiture, quelques minutes avant


je n'ai pas ressenti trop de colère, surtout une grande réflexion
sur la nécessité de profiter de chaque jour, chaque instant
Je le fais déjà beaucoup, mais m'en voilà encore plus persuadée

Et cet apm ma tribu est repartie vers d'autres lieux, et il est 19h et ils ne sont pas encore rentrés
J'entends les cloches sonner 
Mon portable ne fonctionne pas et je n'ai pas reçu de sms
Les magasins ferment

mais pourquoi ne sont-ils pas encore là ?
est-ce que quelque chose de terrible a pu arriver ?

Je pense à ces femmes de militaires,de policiers j'en connais plusieurs et je me suis toujours demandée comment elles pouvaient dormir et même seulement vivre lorsque leur mari est sur le terrain

Je pense aux séries parfois B où l'on toque à la porte etoù deux officiers annoncent le pire à une maman qui s'écroule devant la porte

Je pense à mon mari qui n'a peut-être simplement plus de batterie
Ou qui est trop content et accaparé par nos enfants pour m'envoyer un petit sms pour me rassurer

Il ne faut pas que j'aie peur, non
Il faut juste que je continue de saisir chaque bonheur, chaque main qui se tend vers moi, chaque enfant qui m'étreint pour un câlin

Mais je ne peux m'empêcher de ressentir la pression sur la poitrine, qui est arrivée sournoisement mais assez logiquement

je ne peux pas m'empêcher d'être anxieuse et inquiète
mais je dois tâcher de ne pas gamberger et encore moins imaginer le pire

je vais me lever et enfiler une veste car il fait frais maintenant
Je vais allumer la télé et préparer le dîner
Je vais faire comme si de rien n'était

Ils vont bien. Sans doute


Profitez de tout. La vie est trop courte





vendredi 27 juillet 2018

Tu as 3 ans et demi ou 5 ans, et je t'allaite "toujours"....

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La place de l'allaitement en France


Ne pourrait-on pas, une fois, changer de regard sur ce que représente le sein dans notre société, un objet érotique pour les uns, un symbole féministe pour les autres, une partie intime à ne pas "donner" à son bébé ?
Ne pourrait-on pas se renseigner un tant soi peu , observer les bambins, les enfants, les mamans sous d'autres contrées ? Sans regard condescendant, mais avec bienveillance et les yeux bien ouverts aussi, pour voir que des enfants qui marchent, courent, parlent, grimpent aux murs ou sur les rochers, aux abres viennent téter ce sein tant aimé lorsque l'envie s'en fait sentir...voir que tout le monde autour trouve cela normal.
Anthropologiquement parlant, l'âge naturel du sevrage se situe entre 2.5 et 7 ans.





Aurais-je pu ne pas cesser de te laisser venir au sein, soulevant mon pull doucement et me regardant de tes petits yeux malicieux (ou suppliants) dans un lieu public alors que tu n'avais même pas 3 ans ?

Pourrais-je avoir la chance de ne pas avoir à t'expliquer que ce que l'on fait est beau, normal et agréable, qu'il n'est pas interdit d'allaiter un enfant de 5 ans mais que dehors, dans les magasins ou dans les parcs, les gens ne comprendraient pas ?
Ne pourrais-je pas vivre dans une société où je n'aurais pas à te dire que dehors, ton allaitement, 'c'est notre secret" ? Que ce que l'on partage toi et moi est merveilleux, et que c'est encore plus beau sans remarques des gens ?

Comme j'aimerais me réveiller en Mongolie, dans les terres de Gengis Khan, rejoindre la famille mongole ou namibienne du film "Bébé", ou celle de Rdv en Terre Inconnue et montrer que moi aussi, européenne, blanche aux yeux bleux, j'allaite mon enfant de + d'un mètre ! Que cela ne l'a pas empêchée d'être malade ni allergique, mais que je lui ai transmis le meilleur, que je suis fière et si heureuse de ce parcours, allant à contre-courant de toute la société, des penseurs, des psychologues, (mention spéciale à Agnès Vigouroux qui a pris position pour l'allaitement long dans son livre au titre évocateur " l'allaitement long expliqué à mon psy...") des médecins et autres mères et pères ?

Comme j'ai rêvé souvent, que notre allaitement soit "la norme", qu'il soit non seulement accueilli avec bienveillance mais également logique, valorisé !
Alors pour compenser, dans cette société qui est la mienne, je suis totalement ouverte et tolérante, mais "lactiviste", je fais connaître à ma façon l'allaitement, j'en parle, je montre, j'ai écrit plein d'articles sur ma vie de maman allaitante. J'en parle pour de vrai à toutes les mamans qui me posent des questions, qui me font part de leurs difficultés, leurs joies. J'en parle virtuellement sur ma page facebook, par échanges privés aux mamans qui là encore m'interrogent et veulent échanger avec moi.
J'ai participé à de nombreuses réunions d'information et d'échanges sur l'allaitement.
Maintenant, j'organise moi aussi de telles réunions. L'allaitement fait partie intégrante de ma vie.

Le sevrage naturel


Les gens d'ici ne connaissent pas le sevrage naturel, ce que cela implique, comment cela se déroule.  Le sevrage naturel, c'est allaiter un enfant qui n'est plus un bébé ni même un bambin. C'est se mettre d'accord pour un allaitement "à l'amiable" (ça, c'est souvent dès l'âge d'un an environ). C'est un enfant qui pourra téter tous les jours seulement quelques secondes. Ou bien ne pas téter durant plusieurs jours, voire une semaine, voire + ! (exemple de l'enfant qui part en vacances, des enfants en garde alternée etc) et y revenir, d'un coup. Pas forcément de façon goulue. Choisir la voie du sevrage naturel, c'est d'abord accepter que c'est l'enfant qui décidera quand il voudra arrêter. C'est ensuite se dire que plus il grandira, moins on saura à quelle fréquence il voudra téter. Et ce n'est pas grave, en tant que tel. Puisqu'on n'est pas obligée, en tant que mère, d'accepter à chaque fois, ni en tout endroit. On peut poser ses règles, les expliquer à son enfant. Et ce n'est pas grave non plus puisque ce que vous souhaitez, en tant que maman, c'est que votre enfant se détache du sein, lorsqu'il sera prêt. Votre enfant vit sa vie d'enfant, joue, parle, court, va à l'école (ou pas), apprend des tas de choses, explore son monde, est curieux. C'est juste que lorsqu'il doit boire du lait, et/ou a soif, il boit à la source. Le lait maternel, fait pour lui. C'est aussi simple que ça.

Ce qui est "long" est finalement très court

L'allaitement au-delà de 6 mois est déjà minoritaire dans notre société. A 9 mois, 1 an, on peut commencer à entendre de fortes remarques, voire de la désapprobation. Je ne vous dis même pas ce que l'on peut entendre à 2 ans, et au-delà....Et bien au-delà, la plupart des gens n'imaginent même pas que vous puissiez encore allaiter votre enfant, en fait ! D'un côté, c'est très arrangeant. De l'autre, ce n'est pas en se cachant que l'on fera évoluer les mentalités et que l'on normalisera l'allaitement non-raccourci.
Si je cache tes yeux aujourd'hui, ma douce sur les photos, c'est parce que sur 1000 personnes émerveillées, il y en aura au moins une qui sera "choquée" et il est hors de question que tu en fasses les frais. Mon désir de normaliser l'allaitement ne doit pas se faire à tes dépends. C'est triste mais c'est comme ça. C'est aussi pour cela que je n'ai plus écrit de récit depuis….longtemps.

Heureusement, de tout cela, ce qui compte c'est toi et moi. Et Papa bien sûr, qui est d'accord, mais est-ce utile de le dire...? Oui peut-être..justement, dans notre société où le sein est d'abord vu comme "appartenant au mari " (fonction érotique) avant d'être au bébé (fonction nourricière)..quand il ne doit pas être qu'à soi-même.

T'allaiter : toute une communication, un dialogue entre nous

Il y a toi et tes grandes jambes, sur lesquelles tu es solidement perchée lorsque tu "m'attrapes" dans le couloir, le matin quand je me lève après toi par exemple.  Tes jambes sur lesquelles tu te hisses pour téter sans que je n'aie trop à me baisser lorsque l'on prend notre douche ensemble et que tu es littéralement en train de saliver. (D'ailleurs j'ai quelques photos qui pourraient rivaliser sans rougir avec celle du Time qui avait fait scandale il y a quelques années. Je me demande si je les publierai un jour. D'un côté j'ai très envie, de l'autre…)
Tes jambes, avec lesquelles tu as fait tant de "tétées-gym" et postures acrobatiques  lorsque tu étais bambine.

Il y a toi et tes grands yeux, qui plongent dans les miens (ou bien est-ce l'inverse) lorsque tu bois, heureuse, calme. Toi, tu ne dis rien parce que tu as mon sein dans ta bouche. Mais moi je ne dis rien non plus. Car nos regards suffisent. Tes yeux plantés dans les miens, nos regards profonds. Tes yeux qui disent tant, les miens aussi. L'amour, immense. Le plaisir. La gratitude. La complicité. La sensation de vivre quelque chose de privilégié, réservé à très peu d'enfants (et de mamans). La gratitude d'avoir cette chance-là. 
Tes grands yeux qui se sont rarement fermés depuis la naissance lors des tétées, car tu ne t'endormais presque jamais.
Tes grands yeux qui montrent aussi quelque chose d'évident : ta détermination. 
Tu aimes trop ces moments-là, tu aimes trop le sein pour arrêter, là comme ça, "parce qu'il faudrait". Parce que les autres bambins l'ont fait depuis longtemps, depuis bébé même généralement. Tu ne comprends même pas cette notion au conditionnel. 


il y a toi et tes grands mains, qui se glissent doucement sous mon pull. L'une ou les deux, allant jusqu'à l'objet rond, doux et convoité. Tes mains qui ont bien sûr appris à demander, à attendre, à reconnaître un refus, à entendre un "pas maintenant ma chérie". Tes mains qui parfois se jettent sur mon t-shirt et le soulèvent en un éclair, dévoilant tout mon ventre et mon soutien-gorge. Jamais dehors bien sûr, ni quand je n'aime pas. Justement, tu es bien assez grande pour avoir compris depuis longtemps que je ne suis pas à ta disposition. allaitement enfant breasfeeding maternage bambin tétée
Toi et tes grandes mains qui encerclent le sein que tu bois, comme pour bien le tenir au cas où il s'échapperait. Pour appuyer et aider à faire sortir le lait, parfois.
Mais ce que je préfère par-dessus tout, c'est lorsque, t'endormant contre moi, tu poses ta tête sur mon sein et ta main sur l'autre. Ainsi tu es rassurée, tu redeviens bébé, tu sais que "tes bijoux" sont là, tu es heureuse, je te sens radieuse.


Enfin, il y a toi et ton coeur, qui se gorge et se remplit de ces moments-là, tous ces souvenirs que tu auras la chance de conserver puisque justement tu es grande et je t'allaite encore. "Je t'allaite toujours". 
J'ai suivi le mien, de coeur, pour vivre cette aventure-là, nous offrir ces moments, cette relation unique.. Nous sommes heureuses, toi et moi, joyeuses, savourant un cadeau de la vie.
J'ai toujours dit qu'"allaiter, c'était bien plus que nourrir" et ces 5 belles années, 1825 jours et encore plus que ça, ne font que me le confirmer.
un jour prochain je calculerai exactement ma durée d'allaitement. <3 on dépasse largement les 4000 jours...


L'allaitement, universel 

En 3 enfants, 3 allaitements longs, j'ai allaité à peu près partout. Des glauques toilettes lambda au restaurant portugais bondé d'hommes qui me regardaient estomaqués, des marches d'escalier à la plage de sable, du trottoir sous la canicule àu marché porté en filet Tonga, du champ dans la montagne à 1900 m d'altitude dans l'herbe au sol d'un bord de canal, moi allongée et toi sur moi,  du milieu de la rue à cause de la canicule encore à la réunion professionnelle où je n'avais pas d'autre choix que d'emmener ma fille, de la grotte au repas de famille, du mariage au Portugal (encore !) à la chambre d'hôtel à 3h du matin, d'un matelas posé au sol à la chambre d'amis pendant les vacances, de la station service ou l'aire de repos d'autoroute à la douche de la maison, où je n'ai pas le temps de me rhabiller, du garage paumé en Espagne au bitume où l'on attendait la réparation de la voiture, de ma chambre d'hôpital au RAM au milieu des ass mat, du bord de rivière assise sur l'herbe à l'hôpital où j'ai béni, béni de t'allaiter "encore", te permettant de te rétablir plus rapidement ET de te consoler, t'apporter un repère, apaiser tes douleurs et tes angoisses. Et dans tous les moyens de portage, écharpe sling mei-tai préformé podeagi tube.. 
Il y a sûrement d'autres endroits encore, c'est certain, là je n'y pense pas. Mais c'est merveilleux, et tellement pratique, tout simplement. Combien de fois n'ai-je eu que mon lait pour te désaltérer ??!

Je suis comblée d'être une maman qui allaite "longtemps". C'est ma façon d'être maman, je n'en connais pas d'autre.



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